Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A... contestant un arrêté préfectoral d'interdiction de retour sur le territoire français d'un an. Le juge a constaté que le recours, soumis au délai de sept jours prévu par les articles L. 614-4 et L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, avait été introduit le 15 décembre 2025, soit bien après l'expiration de ce délai le 7 avril 2025. Cette irrecevabilité manifeste, non susceptible de régularisation, a conduit au rejet de la requête sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Singh, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 31 mars 2025 par lequel le préfet de police lui a interdit de retourner sur le territoire national pendant un an ;
2°) d’enjoindre au préfet de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à Me Singh au titre des dispositions de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Vu :
- la décision du 2 septembre 2025 admettant M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni convocation à une audience.
2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'interdiction de retour sur le territoire français édictée en application de l'article L. 612-7 après la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être contestée devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 (…) ». Aux termes dudit article L. 921-1 : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours ». Aux termes de l’article R. 921-3 du même code : « Les délais de recours de sept jours et quarante-huit heures respectivement prévus aux articles L. 921-1 et L. 921-2 ne sont susceptibles d'aucune prorogation ».
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 31 mars 2025 a été notifiée à M. A... le jour-même et que cette notification comportait l’indication des voie et délai de recours. Le délai de recours contre cette décision, qui commençait à courir le 31 mars 2025, expirait donc le 7 avril 2025 et n’était conformément aux dispositions précitées de l’article R. 921-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile susceptible d’aucune prorogation. La requête de M. A..., enregistrée le 15 décembre 2025 est ainsi tardive et, à ce titre, entachée d’une irrecevabilité manifeste insusceptible d’être couverte en cours d’instance. Elle peut en conséquence être rejetée par ordonnance sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à Me Singh.
Fait à Montreuil, le 23 janvier 2026.
Le premier vice-président,
P. Le Garzic
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.