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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2522836

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2522836

lundi 29 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2522836
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET TOMASI-DUMOULIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension du refus implicite de renouvellement de titre de séjour et de délivrance d’une carte de résident présentée par M. A..., ressortissant malien. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, dès lors que la convocation du requérant par la préfecture pour l’instruction de sa demande l’autorisait à demeurer sur le territoire français jusqu’à cette date, écartant ainsi la présomption d’urgence. La requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Ballu, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de prononcer son admission provisoire à l’aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l’exécution de la décision née le 16 septembre 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident et de renouveler son titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident sur le fondement de l’article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la décision du tribunal, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et, dans l’attente de ce réexamen, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec une autorisation de travail, sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans le cas où l'aide juridictionnelle lui serait accordée, de verser cette somme à Me Ballu au titre des dispositions de ce texte et de celles de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, cet avocat renonçant à percevoir la part contributive de l’Etat.

Il soutient que l’urgence est caractérisée, celle-ci étant présumée s’agissant d’un renouvellement de titre de séjour, alors qu’en outre la décision attaquée l’expose à une mesure d’éloignement et qu’il risque d’être suspendu de ses fonctions dans l’attente du rendez-vous qui lui a été fixé par les services préfectoraux pour renouveler son récépissé.

Vu les autres pièces du dossier.




Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant malien né le 31 décembre 1986 était titulaire d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 28 juin 2023, dont il a demandé le renouvellement le 16 mai 2023. Estimant que cette demande a été implicitement rejetée compte tenu du silence gardé par l’administration, M. A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à titre principal de suspendre l’exécution des décisions par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a implicitement refusé de renouveler ce titre de séjour et de lui délivrer une carte de résident.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

4. Si la condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de titre de séjour, il appartient au juge des référés de prendre en compte, le cas échéant, les circonstances particulières pouvant conduire à renverser cette présomption ou celles mises en avant par l’autorité administrative. En l’espèce, il résulte de l’instruction que le préfet de la Seine-Saint-Denis a adressé à M. A... une convocation l’invitant à se rendre à la préfecture le 10 février 2026, dans le cadre de l’instruction de sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet a nécessairement autorisé le requérant à demeurer sur le territoire français au moins jusqu’à cette date. Cette circonstance est de nature à écarter la présomption d’urgence. Par suite, au regard de la situation de M. A..., la condition d’urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il suit de là, sans qu’il y ait lieu d’accorder l'aide juridictionnelle demandée, ni qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige, que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.




O R D O N N E :




Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montreuil, le 29 décembre 2025.


Le juge des référés,




D. Charageat


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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