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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2522931

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2522931

vendredi 2 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2522931
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBOAMAH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B... qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui remettre sa carte de résident. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant se bornant à invoquer une situation de précarité administrative sans l'étayer de manière suffisamment grave et immédiate, d'autant qu'il disposait d'une attestation de régularité de séjour. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Boamah, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer afin que sa carte de résident lui soit remise, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;


2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B... soutient que sa demande est urgente, utile et n’est pas susceptible de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Et selon le 1er alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. ».

Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, sans audience, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l’article L. 521-3, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.

En l’espèce, alors que le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé, le 13 janvier 2025, de lui délivrer une nouvelle carte de résident, il est constant qu’il n’en a pas obtenu la remise depuis cette date, malgré ses démarches à cette fin. Toutefois, alors que l’attestation qui lui a été remise justifie de la régularité de son séjour et lui permet de franchir les frontières de l’espace Schengen, M. B... se borne à soutenir, pour justifier de l’urgence de la mesure dont il sollicite le prononcé, qu’il est dépourvu de titre de séjour depuis l’expiration de sa précédente carte, soit depuis le 13 mars 2024, que la période de validité de sa nouvelle carte de résident a déjà commencé à courir et qu’il se trouve dans une situation de précarité administrative depuis une durée anormalement longue. Ces seuls éléments, non étayés, ne permettent pas de regarder comme urgente sa situation. Dès lors, il y a lieu de rejeter la requête de M. B..., en toutes ses conclusions.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Fait à Montreuil, le 2 janvier 2026.


Le juge des référés,




J.-F. Baffray


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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