Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B... qui demandait une injonction au préfet de la Seine-Saint-Denis pour obtenir une attestation provisoire ou une décision sur le renouvellement de son titre de séjour. La requérante n’a pas précisé le fondement juridique de sa demande parmi les articles L. 521-1, L. 521-2 ou L. 521-3 du code de justice administrative, ce qui a rendu sa requête irrecevable. En application de l’article L. 522-3 du même code, le juge a rejeté la demande comme manifestement irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2025, Mme B... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer sans délai une attestation provisoire autorisant la poursuite de son activité professionnelle, ou, à défaut, de statuer immédiatement sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l’article L. 521-2 du même code : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale (…) ». Aux termes de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Enfin l’article L. 522-3 dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (…) ».
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu’elles s’appuient sur l’un ou l’autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser quelle est la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête, sous peine d’irrecevabilité de sa demande.
3. En se bornant à présenter une requête où est portée la mention « référé », qui ne mentionne aucune disposition du code de justice administrative, et à demander au juge des référés d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer sans délai une attestation provisoire autorisant la poursuite de son activité professionnelle, ou, à défaut, de statuer immédiatement sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, mais sans indiquer duquel des trois articles mentionnés au point précédent elle se prévaut, Mme B... ne met pas le juge des référés en mesure de se prononcer sur sa demande de référé.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée comme étant manifestement irrecevable selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B....
Fait à Montreuil, le 30 décembre 2025.
Le juge des référés
P. Le Garzic
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.