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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2600519

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2600519

mercredi 21 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2600519
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFIRAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. A..., ressortissant turc, qui sollicitait une injonction au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée, faute pour le requérant d'avoir effectué des démarches personnelles suffisantes et réitérées auprès des services préfectoraux pour obtenir un rendez-vous, au-delà de sa demande initiale en ligne et de quelques relances. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative, rappelant que l'urgence doit être appréciée concrètement, notamment pour les demandes de premier titre de séjour.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Firat demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un rendez-vous aux fins d’examiner sa situation administrative et pour lui permettre de déposer sa demande de délivrance de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’absence de titre de séjour ou de récépissé le place dans une situation de précarité administrative ;
- la mesure sollicitée présente un caractère utile dès lors qu’elle est le seul moyen lui permettant de déposer sa demande de titre de séjour ;
- la mesure ne fait obstacle à l’exécution d’aucune mesure administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Gauchard, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.




Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant turc, demande au juge des référés du tribunal, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un rendez-vous et d’enregistrer sa demande titre de séjour.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit que ces démarches sont demeurées vaines, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette impossibilité sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

Il résulte de l’instruction que M. A... a déposé une première demande de rendez-vous afin de solliciter son admission exceptionnelle au séjour le 27 août 2025, sur le site « demarche.numerique.gouv.fr ». En dehors de deux messages envoyés par la messagerie de ce site les 1er décembre 2025 et 29 décembre 2025 ainsi que deux courriels, identiques, de son conseil adressés le 2 décembre 2025 aux services préfectoraux afin qu’il lui soit délivré un rendez-vous de dépôt de demande de titre, M. A... n’établit pas avoir effectué, vainement, suffisamment de démarches personnelles afin de solliciter les services préfectoraux pour demander le traitement accéléré de sa demande du 27 août 2025.Dans ces conditions et alors, au demeurant,, qu’il ressort des pièces du dossier, et notamment du récapitulatif de sa demande de rendez-vous, que M. A... a déposé celle-ci à la préfecture de police alors même que sa demande relève de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, ni la condition d’urgence ni la condition d’utilité prévues à l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent être regardées comme satisfaites.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 21 janvier 2026.


Le juge des référés



L. Gauchard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.



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