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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2601335

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2601335

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2601335
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a ordonné l'expulsion d'une ancienne étudiante occupant sans titre un logement CROUS. Le juge a retenu l'urgence et l'utilité de la mesure, considérant que l'occupation illégale faisait obstacle à la mission de service public de logement étudiant. La décision s'appuie sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative et le principe selon lequel l'expulsion d'un occupant du domaine public relève de la compétence du juge administratif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 janvier 2026, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Créteil demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner l’expulsion de Mme A... D... B... et de tous autres occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique, du logement 001 qu’elle occupe sans droit ni titre au sein de la résidence universitaire « Campus », située 23 avenue de la Convention à Bobigny (93000), dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et de libérer le bien occupé sans droit ni titre de tous les biens meubles qui y sont entreposés, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à venir ;

2°) d’enjoindre à Mme B... de lui restituer, sous la même astreinte, les clés du logement et de la boîte aux lettres ainsi que tous les badges d’accès.

Il soutient que :
- le litige relève de la compétence de la juridiction administrative, dès lors que le bien concerné doit être qualifié de dépendance du domaine public ;
- la condition d’urgence est remplie dès lors que le maintien dans les lieux de l’intéressée prive de nouveaux entrants de l’accès à des logements, ce qui constitue un obstacle à l’accomplissement de sa mission d’intérêt général, entraîne des difficultés de gestion supplémentaire et un inconfort manifeste pour les étudiants ;
- la demande d’expulsion est utile, dès lors que l’intéressée occupe illégalement sans droit ni titre son logement depuis le 1er octobre 2025 ;
- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que la convention d’occupation n’a pas été renouvelée ; qu’elle a été mise en demeure de quitter son logement au plus tard le 30 septembre 2025 et a fait l’objet d’une décision d’exclusion le 10 octobre 2025.


La requête a été communiquée à Mme B... qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 12 février 2026 à 11 heures :
- le rapport de Mme de Bouttemont, juge des référés ;
- les observations de Mme C..., représentant le CROUS.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi, sur le fondement de ces dispositions, de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l’expulsion d’occupants sans titre du domaine public, le juge des référés y fait droit dès lors qu’au jour où il statue, la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d’urgence et d’utilité.

L’article L 412-1 du code des procédures civiles d'exécution (CPCE), qui définit les modalités selon lesquelles sont prises et exécutées les décisions d'expulsion relevant de la compétence de la juridiction judiciaire, ne trouvent pas à s'appliquer lorsqu'est en cause l'expulsion d'un occupant d'un logement situé dans une résidence pour étudiants gérée par un centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), qui relève de la compétence du juge administratif.

Il incombe au juge administratif, saisi d’un litige relatif à l’expulsion d’un occupant d’un logement situé dans une résidence gérée par un CROUS, de prendre en compte, d’une part, la nécessité d’assurer le fonctionnement normal et la continuité du service public dont cet établissement public a la charge et, d’autre part, la situation de l’occupant en cause ainsi que les exigences qui s’attachent au respect de sa dignité et de sa vie privée et familiale. Il en va notamment ainsi lorsque, saisi d’une demande d’expulsion en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés apprécie, pour décider s’il y a lieu d’y faire droit, si les conditions d’utilité et d’urgence posées par cet article sont remplies.

Il résulte de l’instruction que Mme A... D... B..., née le 2 avril 1999, a été admise à occuper le logement 001 au sein de la résidence universitaire « Campus », située 23 avenue de la Convention à Bobigny (93000), du 26 octobre 2022 au 30 septembre 2025. Sa convention d’occupation n’a pas été renouvelée, l’intéressée ayant atteinte la durée maximale d’admission en résidence universitaire. Elle est, en conséquence, occupante sans droit ni titre depuis le 1er octobre 2025. Par suite, la demande du CROUS ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

L’expulsion de l’intéressée présente un caractère d’urgence et d’utilité, dès lors que sa présence dans les lieux fait obstacle à l’accomplissement de la mission de service public de logement des étudiants dont est chargé l’établissement public.

Il y a lieu, par suite, en l’absence de toute circonstance particulière liée aux exigences qui s’attachent au respect de sa dignité et de sa vie privée et familiale, d’enjoindre à Mme B... de libérer le logement qu’elle occupe, d’en retirer les biens lui appartenant et d’en restituer les clefs et badges d’accès, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n’y a en revanche pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.


O R D O N N E :


Article 1er : Il est enjoint à Mme A... D... B... de libérer le logement 001 qu’elle occupe au sein de la résidence universitaire « Campus », située 23 avenue de la Convention à Bobigny (93000), d’en retirer les biens lui appartenant et d’en restituer les clés et badges d’accès, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Créteil et à Mme A... D... B....

Fait à Montreuil, le 16 février 2026.

La juge des référés,



M. de Bouttemont

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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