Le Tribunal administratif de Montreuil statue sur une requête en excès de pouvoir contre une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le sujet principal est la compétence territoriale, suite au transfert du requérant vers un centre de rétention situé dans le ressort d'un autre tribunal. La juridiction ordonne la transmission du dossier au Tribunal administratif de Melun, en application de l'article R. 922-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice. Elle ne se prononce pas sur le fond de la requête.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2026, M. C... A... B..., alors retenu au local de rétention administrative de Bobigny, représenté par Me Garcia, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 18 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour, ou, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui restituer toute pièce d’identité, notamment son passeport, qui aurait été appréhendée au cours de son placement en rétention ;
4°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à l’effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen qui assortit la décision d’interdiction de retour sur le territoire français dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre fin aux mesures de surveillance dont il fait l’objet ;
6°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit de mémoire en défense, ni versé de pièces au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 922-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque, avant la tenue de l’audience, l’étranger est transféré dans un autre lieu de rétention ou de détention, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné par lui peut décider, dans l’intérêt d'une bonne administration de la justice, par une décision insusceptible de recours, de transmettre le dossier au tribunal administratif dans le ressort duquel est situé le nouveau lieu de rétention ou de détention. ». Et aux termes de l’article R. 221-3 du code de justice administrative : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (...) Melun : Seine-et-Marne ; Val-de-Marne ; (…) ».
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A... B... a été transféré le 21 janvier 2026 du local de rétention administrative de Bobigny vers le centre de rétention administrative n° 2 du Mesnil-Amelot, qui se situe dans le ressort du tribunal administratif de Melun. Il y a lieu, par suite, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, de transmettre à ce tribunal le dossier de la requête de M. A... B... en application des dispositions précitées de l’article R. 922-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
ORDONNE :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. A... B... est transmis au tribunal administratif de Melun.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... B..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et à la présidente du tribunal administratif de Melun.
Fait à Montreuil, le 2 février 2026.
La présidente,
I. Dely