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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2601642

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2601642

lundi 9 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2601642
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMINKO MI NZE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'un refus implicite de titre de séjour. Le juge estime que la requérante, qui a sollicité son premier titre en 2024 seulement, ne justifie pas de l'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, malgré son séjour ancien en France. La décision est rendue sans examen du sérieux du moyen, en application de la procédure de rejet sans instruction prévue à l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2026, Mme B... A..., représentée par Me Minko Mi Nze, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 18 mars 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance du tribunal, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer tout document attestant de la régularité de son séjour et l’autorisant à travailler durant cet examen, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l’urgence est caractérisée, le refus de titre de séjour en litige portant une atteinte particulièrement grave à ses intérêts compte tenu de l’ancienneté de son séjour en France, où elle possède des attaches personnelles et familiales et où elle est maintenue en situation irrégulière alors qu’elle peut prétendre à la délivrance d’un titre de séjour.

Vu :
- la requête n° 2600230 enregistrée le 7 janvier 2026 tendant à l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit (...) justifier de l'urgence de l'affaire (…) ». En vertu de l’article L. 522‑3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. Mme A..., ressortissante camerounaise née le 14 mai 1999, a déposé le 18 novembre 2024 une première demande de titre de séjour. Estimant que celle-ci a été implicitement rejetée compte tenu du silence gardé par l’administration, elle demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de cette décision implicite. Toutefois, si elle invoque les conséquences de la décision qu’elle attaque sur sa situation, elle n’apporte pas d’éléments permettant de caractériser l’existence d’un préjudice suffisamment grave et immédiat que celle-ci porterait à ses intérêts, alors notamment qu’elle déclare séjourner continuellement en France depuis la fin de l’année 2018 mais n’a sollicité la délivrance d’un premier titre de séjour qu’en 2024 et qu’elle n’a demandé l’annulation de cette décision, qui serait née le 18 mars 2025, que par la requête visée ci-dessus enregistrée au greffe du tribunal le 7 janvier 2026. Par suite, Mme A... ne justifie pas l’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Il suit de là, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.






O R D O N N E :




Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Montreuil, le 9 février 2026.


Le juge des référés,




D. Charageat


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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