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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2602171

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2602171

mercredi 11 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2602171
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantBECHIR

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la demande d'une ressortissante algérienne visant à enjoindre au préfet de la convalquer pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'utilité de la mesure n'était pas remplie, car son titre actuel était encore valable au moment de la décision. La juridiction a appliqué les articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2026, Mme A... B..., représentée par Me B..., demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer afin qu’elle puisse déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans le délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’elle exerce en qualité de coiffeuse dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée et qu’elle souhaite introduire une procédure de regroupement familial au profit de son époux et de leurs enfants qui résident en Algérie ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Deniel, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B..., ressortissante algérienne née le 1er décembre 1989, est titulaire d’un certificat de résidence algérien mention « salarié » valable du 11 mars 2025 au 10 mars 2026. Elle demande au juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de la convoquer afin qu’elle puisse déposer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ».

3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui sont irrecevables.

4. Il résulte de l’instruction que la requérante a sollicité le 10 novembre 2025 un rendez-vous au moyen du téléservice « démarches simplifiées » de la préfecture de Seine-Saint-Denis aux fins de déposer une demande de renouvellement de sa carte de séjour. Si elle fait valoir qu’aucun rendez-vous ne lui a encore été proposé, malgré ses relances, son titre de séjour est valable jusqu’au 10 mars 2026 et il n’est pas établi qu’elle ne pourra pas se voir délivrer une convocation avant cette date. Par suite, la condition d’utilité exigée par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....



Fait à Montreuil, le 11 février 2026.




La juge des référés,




C. DENIEL

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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