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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2602278

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2602278

mercredi 4 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2602278
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande en référé-liberté pour obtenir la délivrance d'un titre de séjour ou la clôture de l'instruction du dossier. **Juridiction** : Tribunal administratif de Montreuil (formation de référé). **Solution retenue** : La requête est rejetée. Le juge estime que la mesure sollicitée (délivrance du titre) ferait obstacle à l'exécution d'une décision implicite de rejet née du silence de l'administration, et que la demande de clôture du dossier est sans objet. **Textes appliqués** : Articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative (conditions du référé) ; articles R. 432-1, R. 432-2 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (décision implicite de rejet et attestations de prolongation).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour définitif ou, à défaut, de clôturer l'instruction de mon dossier sous un délai de 15 jours.

Mme B... soutient que sa demande est urgente et utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». L'article L. 522-3 de ce code dispose que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, (…) qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ». Et aux termes de l’article R. 431-15-1 de ce code : « Le dépôt d’une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d’une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l’instruction d’une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l’article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu’il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. (…) ». La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné à l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme ce délai.

Il résulte des termes et des pièces jointes à la requête que la demande de Mme B... de renouvellement de son titre de séjour a été enregistrée le 26 novembre 2024 sur la plateforme de l’ANEF. Une décision implicite de rejet de cette demande est donc née le 26 mars 2025, en application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et malgré la délivrance ultérieure d’attestations de prolongation d’instruction. Il apparaît ainsi qu’à la date de la présente ordonnance, la mesure sollicitée par Mme B... de délivrance d’un titre de séjour aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative et ne saurait, dès lors, être prononcée par le juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, tandis que celle tendant à la clôture de son dossier est sans objet. Par suite, sa requête doit être rejetée.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 4 février 2026.


Le juge des référés,



J.-F. Baffray

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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