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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2602356

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2602356

mercredi 4 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2602356
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAIT MEHDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté une requête en référé-liberté (article L. 521-3 du code de justice administrative) visant à enjoindre au préfet de délivrer une convocation pour une demande de titre de voyage. Le juge a estimé que le requérant, bien que titulaire d'une carte de résident, n'avait pas démontré le caractère d'urgence de sa situation, condition essentielle pour ce type de procédure. La demande a donc été jugée irrecevable faute de justifications suffisantes sur le préjudice grave et immédiat.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Aït Mehdi, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui remettre une convocation pour le dépôt de sa demande de titre de voyage, ce dans un délai d’un mois à compte de la notification de l’ordonnance à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard ;


2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B... soutient que sa demande est urgente, utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». L'article L. 522-3 de ce code dispose que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Et le 1er alinéa de l’article R. 522-1 dispose que « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. ».

Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, sans audience, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l’article L. 521-3, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.

Pour justifier de l’urgence de son affaire, M. B..., titulaire d’une carte de résident et rencontrant des difficultés pour obtenir un titre de voyage, se borne à soutenir que « La condition d'urgence est ainsi admise si la mesure sollicitée est nécessaire à la protection des droits de l'intéressé. (…) / Il faut rappeler [qu’il] ne peut plus sortir du territoire français depuis 2022 soit depuis près de quatre ans alors que sa famille réside à l’étranger. / Le juge des référés constatera que la condition d’urgence est donc pleinement remplie. ». Ces seuls éléments non étayés ne permettent pas de constater l’urgence de sa situation justifiant l’intervention du juge des référés saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. B... en toutes ses conclusions.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 4 février 2026.


Le juge des référés,



J.-F. Baffray


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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