Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, rejette la requête de M. B... A... qui demandait une injonction au préfet pour statuer expressément sur sa demande de regroupement familial. Le juge estime que l'octroi du regroupement familial n'est pas une mesure provisoire relevant de son pouvoir en référé, et que le requérant ne justifie pas de l'urgence à obtenir un rejet explicite de sa demande. La décision est rendue en application des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 février 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer de manière expresse sur la demande de regroupement familial qu’il a présentée au profit de son épouse et de ses deux enfants mineurs, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que la situation de séparation familiale dans laquelle il se trouve le prive de toute vie familiale normale ;
- la mesure demandée présente un caractère utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné, M. Marchand, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave. En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
La mesure sollicitée tend à ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis fasse droit à la demande de regroupement familial présentée par le requérant ou rejette sa demande de manière explicite. D’une part cependant, la mesure sollicitée, en tant qu’elle tend à ce que le préfet octroie au requérant le bénéfice du regroupement familial, ne présente pas de caractère provisoire et n’est dès lors pas au nombre de celles pouvant être prononcées par le juge des référés, saisi en application des dispositions citées au point précédent. D’autre part, M. A... ne justifie pas d’une urgence à ce que le préfet rejette de manière explicite sa demande.
Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Montreuil, le 16 février 2026.
Le juge des référés,
A. Marchand
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.