vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103637 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CORNET-VINCENT-SEGUREL NANTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et un mémoire récapitulatif enregistrés les 15 mars 2021, 6 janvier et 3 mars 2022, et le 24 mars 2023, la SAS AUDEVARD, représentée par Me Greffard et Me Palos, avocats, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants, pour un montant total de 60 753 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SAS AUDEVARD soutient que les opérations de vente du produit " EKYRENAL + ", qu'elle commercialise, doivent bénéficier du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée de 10% prévu par le 4° de l'article 278 bis du code général des impôts, dès lors que ce produit, qui est un complément alimentaire à destination des chevaux de compétition, ne peut pas être assimilé à un médicament par présentation.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 août 2021, 28 janvier et 10 mai 2022, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France, conclut au rejet de la requête.
L'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France fait valoir que le moyen invoqué par la SAS AUDEVARD n'est pas fondé.
Le mémoire en défense de l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France, enregistré le 9 mai 2023, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 79/373/CEE du 2 avril 1979 du Conseil concernant la commercialisation des aliments composés pour animaux ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;
- et les observations de Me Laillé, avocate, substituant Me Greffard et Me Palos.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS AUDEVARD, qui commercialise des produits nutritionnels et de soins pour animaux, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016. À l'issue de ce contrôle, l'administration fiscale a notifié à la SAS AUDEVARD, par deux propositions de rectification, datées du 13 décembre 2018, notamment des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, relatifs aux ventes du produit " EKYRENAL+ " au cours de ces années. Ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement par un avis du 15 novembre 2019. Par une réclamation préalable du 1er octobre 2020, rejetée par l'administration fiscale le 15 janvier 2021, la société requérante a contesté ces impositions. La SAS AUDEVARD demande au Tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants, pour un montant total de 60 753 euros.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article 278 bis du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 10 % en ce qui concerne les opérations () de vente () portant sur les produits suivants : () 4° Aliments simples ou composés utilisés pour la nourriture du bétail, des animaux de basse-cour () ". Aux termes de l'article 2 de la directive 79/373/CEE du 2 avril 1979 du Conseil concernant la commercialisation des aliments composés pour animaux : " () on entend par : () aliments complémentaires pour animaux : les mélanges d'aliments qui contiennent des taux élevés de certaines substances et qui, en raison de leur composition, n'assurent la ration journalière que s'ils sont associés à d'autres aliments des animaux () ". Il résulte de ces dispositions que la vente d'aliments complémentaires pour animaux est imposée au taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée. Toutefois, pour l'application de ces dispositions, ne peuvent être regardés comme des aliments complémentaires pour animaux des produits qui, alors même qu'ils sont destinés à être ingérés par des animaux, présentent les caractéristiques de médicaments vétérinaires, lesquels relèvent du taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée.
3. Aux termes de l'article L. 5141-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au litige : " On entend par médicament vétérinaire, tout médicament destiné à l'animal tel que défini à l'article L. 5111-1 () ". Aux termes de l'article L. 5111-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " On entend par médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être administrée, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique () ". Il résulte de ces dispositions qu'un produit présenté comme possédant des propriétés curatives ou préventives pour l'animal a le caractère d'un médicament vétérinaire. Le caractère de médicament vétérinaire par présentation s'apprécie au regard de l'aspect matériel du produit et des indications éventuellement portées sur son étiquette, son emballage ou sur un prospectus distinct, tenant à sa composition, à sa posologie et aux vertus curatives ou préventives qui lui sont prêtées.
4. Il résulte de l'instruction que le produit " EKYRENAL + ", commercialisé par la SAS AUDEVARD, sous forme de flacons d'un litre ou de bidons de cinq litres, était présenté lors des années d'imposition en litige, tant sur l'étiquette du produit que sur le site internet de la société requérante, comme un aliment complémentaire, composé notamment de jus de figue de barbarie et de mélasse de canne à sucre, conçu pour apporter un soutien nutritionnel aux chevaux, notamment après l'effort. Par ailleurs, l'étiquette du produit ne fait état d'aucune posologie précise, ni d'aucun effet indésirable. Dans ces conditions, le produit " EKYRENAL + " ne pouvait pas, au titre des années d'imposition en litige, être qualifié de médicament vétérinaire par présentation. Par suite, la SAS AUDEVARD est fondée à soutenir que l'administration fiscale a méconnu les dispositions du 4° de l'article 278 bis du code général des impôts, en lui refusant le bénéfice du taux réduit de 10% de taxe sur la valeur ajoutée qu'il prévoit.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui ont été réclamés à la SAS AUDEVARD pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants, pour un montant total de 60 753 euros.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à la SAS AUDEVARD de la somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La SAS AUDEVARD est déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondant, pour un montant total de 60 753 euros.
Article 2 : L'État versera à la SAS AUDEVARD une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les surplus des conclusions de la requête de la SAS AUDEVARD est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS AUDEVARD et à l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme A et M. Villette, conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026