Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2107372
mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107372 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 1er juin 2021, 30 décembre 2021 et 28 mai 2022, Mme B A demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, en droits et pénalités, du rappel de TVA qui lui a été assigné au titre de l'année 2016, à hauteur de 1 002 euros ;
2°) la remise gracieuse des pénalités.
Elle soutient que :
- sa bonne foi n'étant pas mise en cause, elle est fondée à obtenir la remise gracieuse des pénalités ;
- le montant des pénalités a été intégré par erreur dans le montant du rappel de TVA ;
- le calcul du montant du rappel de TVA au titre de 2016 est erroné et l'administration n'a pas justifié son calcul.
Par des mémoires enregistrés les 2 novembre 2021, 1er avril 2022 et 1er juin 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la demande tendant à la remise gracieuse des pénalités est irrecevable ;
- les moyens invoqués à l'encontre du surplus des conclusions de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, exerçant une activité d'agent commercial sous le statut d'autoentrepreneur, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période allant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018. Par une proposition de rectification du 18 décembre 2019, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2016 et 2017 lui ont été notifiés selon la procédure de taxation d'office de l'article L. 66-3° du livre des procédures fiscales, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2018 et des rehaussements de son bénéfice commercial de l'année 2018 selon la procédure contradictoire. Suite aux observations formulées par la requérante le 20 février 2020, les rectifications ont été partiellement maintenues par courrier du 24 mars 2020. Par une réclamation du 22 mars 2019, rejetée le 30 mars 2021, Mme A a contesté le rappel de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de 2016. Par la requête susvisée, elle réitère ses prétentions devant le tribunal.
Sur les conclusions tendant à la remise gracieuse des pénalités :
2. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : / 2° Des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives ; () ". Aux termes de l'article R. 247-1 du même livre : " Les demandes prévues à l'article L. 247 tendant à obtenir à titre gracieux une remise, une modération ou une transaction, doivent être adressées au service territorial selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. Elles doivent contenir les indications nécessaires pour identifier l'imposition et, le cas échéant, être accompagnées soit de l'avis d'imposition, d'une copie de cet avis ou d'un extrait de rôle, soit de l'avis de mise en recouvrement ou d'une copie de cet avis () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient pas au juge de l'impôt d'accorder une remise gracieuse d'un impôt établi conformément à la loi ou des pénalités correspondantes. Il appartient seulement au contribuable qui estime se trouver dans l'impossibilité de s'acquitter de cet impôt ou ces pénalités de solliciter par la voie d'un recours gracieux effectué auprès de l'administration le bénéfice d'une dispense ou d'un échelonnement du règlement. Par suite, et ainsi que le fait valoir le service, les conclusions de Mme A tendant à la remise gracieuse des pénalités mises à sa charge doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
4. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Il n'est pas contesté que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été régulièrement établis par voie de taxation d'office, il appartient donc à Mme A d'apporter la preuve de l'exagération des montants imposables retenus par l'administration.
5. Aux termes de l'article 293 B du code général des impôts dans sa version applicable aux recettes perçues au titre de l'année en litige : " I. - Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du troisième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé : / () 2° () un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : / a) 32 900 euros l'année civile précédente ; / b) Ou 34 900 euros l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. / II.-1. Le I cesse de s'appliquer : / () b) [aux assujettis] dont le chiffre d'affaires de l'année en cours afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, dépasse le montant mentionné au b du 2° du I. / 2. Les assujettis visés au 1 deviennent redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations de services et les livraisons de biens effectuées à compter du premier jour du mois au cours duquel ces chiffres d'affaires sont dépassés ".
6. Le service a relevé que le chiffre d'affaires réalisé par Mme A, dont il est constant qu'elle réalisait des prestations de services au sens du 2° du I de l'article 293 B précité, dépassait à compter du mois de mai 2016 le seuil majoré de 34 900 euros. Il a alors soumis à la TVA, à compter du mois de juin 2016, les commissions ou remboursements de frais facturés au client Eleonor Greyl, lesquels ont été arrêtés, à partir des encaissements bancaires de Mme A, à 23 353 euros TTC pour la période du 1er juin 2016 au 31 décembre 2016, soit à 19 461 euros HT. L'administration lui a ainsi notifié un rappel de TVA d'un montant de 3 892 euros. Si la requérante conteste le montant de la fraction du chiffre d'affaires dépassant les seuils de la franchise en base de TVA, elle ne verse aucun élément au dossier permettant d'apprécier le bien-fondé de ses allégations et n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération de son imposition. Par suite, c'est à bon droit que l'administration, qui s'est fondée sur les données de l'exploitation, lui a notifié le rappel de TVA en litige au titre de l'année 2016.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de Mme A doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2107372
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