Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2110914
mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2110914 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SICAKYUZ |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2021, la SCI Norvic, représentée par Me Indjeyan, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020 à raison d'un local commercial, dont elle est propriétaire, situé 5 rue Bonnet à Arnouville ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'État aux entiers dépens en application de l'article 699 du livre des procédures fiscales.
Elle soutient que :
- la décision de rejet de sa réclamation préalable a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est fondée à obtenir l'exonération des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu de l'article 1466 A du code général des impôts dès lors que le bien se situe dans une zone prioritaire de la ville et qu'elle n'est pas soumise à la cotisation foncière des entreprises pour ce local.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SCI Norvic ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Norvic, qui exerce une activité de locations de biens et de terrains, est propriétaire d'un local situé 5 rue Bonnet à Arnouville. Elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de ce bien à hauteur des sommes respectives de 13 913 euros, 16 100 euros et 16 303 euros au titre des années 2018, 2019 et 2020. Par une réclamation du 3 décembre 2020, la SCI Norvic a contesté les impositions ainsi mises à sa charge au titre de ces années. Sa demande a été rejetée par une décision du 1er juillet 2021. Par la présente requête, la SCI Norvic demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre des années 2018, 2019 et 2020.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 408 de l'annexe II au code général des impôts : " I. - 1° Le directeur départemental des finances publiques ou le directeur interrégional des douanes et droits indirects ou, en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le directeur régional des douanes et droits indirects ou, s'agissant des impositions et pénalités établies à l'initiative d'une direction spécialisée des finances publiques ou d'un service à compétence nationale, le directeur chargé de cette direction ou de ce service a seul pouvoir de : a) Statuer sur les réclamations contentieuses mentionnées à l'article L. 190 du livre des procédures fiscales ; (). /II. - Pour l'exercice de leurs attributions en matière contentieuse et gracieuse, les directeurs mentionnés au I peuvent déléguer leur signature, dans les limites et conditions fixées par arrêté du ministre chargé du budget, aux agents placés sous leur autorité qui ne bénéficient pas de la délégation mentionnée au III. /III. - A compter du jour où prend effet l'acte les nommant dans leurs fonctions, les responsables des services dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé du budget et les agents chargés de leur intérim peuvent signer, au nom du directeur sous l'autorité duquel ils sont placés, les décisions et actes mentionnés au I. Cet arrêté fixe également les conditions et les limites de la délégation. /Le changement de directeur ne met pas fin à la délégation. (). ".
3. En l'espèce, la décision du 1er juillet 2021 a été signée par Mme B A, inspectrice divisionnaire des finances publiques. Or, par arrêté n°2020-20 du 20 mars 2020, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a donné délégation à Mme A, responsable du service départemental des impôts fonciers, à l'effet de signer les actes en matière de recours contentieux et gracieux fiscal et en application des dispositions du III de l'article 408 de l'annexe II au code général des impôts. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit, en tout état de cause, être écarté.
4. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 1383 C du même code : " Sauf délibération contraire de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale doté d'une fiscalité propre, prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, les immeubles situés dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs définies au B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire et dont la liste figure au I bis de l'annexe à la loi n° 96-987 du 14 novembre 1996 relative à la mise en œuvre du pacte de relance pour la ville qui sont affectés, entre le 1er janvier 2004 et la date de publication de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances incluse, à une activité entrant dans le champ d'application de la cotisation foncière des entreprises sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties pour une durée de cinq ans, sous réserve que les conditions d'exercice de l'activité prévues aux premier à troisième alinéas du I quinquies de l'article 1466 A dans sa rédaction en vigueur au 31 décembre 2009 soient satisfaites. L'exonération s'applique à compter du 1er janvier 2004 ou à compter du 1er janvier de l'année qui suit celle où est intervenue cette affectation si elle est postérieure au 1er janvier 2004. Le bénéfice des exonérations prenant effet en 2004 est subordonné au respect du règlement (UE) n° 1407/2013 de la Commission, du 18 décembre 2013, relatif à l'application des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne aux aides de minimis. /Cette exonération cesse de s'appliquer à compter du 1er janvier de l'année suivant celle où les immeubles ne sont plus affectés à une activité entrant dans le champ d'application de la cotisation foncière des entreprises. /En cas de changement d'exploitant au cours d'une période d'exonération, celle-ci est maintenue pour la période restant à courir et dans les conditions prévues pour le prédécesseur. /L'exonération porte sur la totalité de la part revenant à chaque collectivité territoriale ou établissement public de coopération intercommunale doté d'une fiscalité propre. /Lorsque les conditions requises pour bénéficier de l'exonération prévue à l'article 1383 A et de celle prévue au présent article sont remplies, le contribuable doit opter pour l'un ou l'autre de ces régimes avant le 1er janvier de l'année au titre de laquelle l'exonération prend effet. L'option est irrévocable et vaut pour l'ensemble des collectivités. /Les obligations déclaratives des personnes et organismes concernés par les exonérations prévues au présent article sont fixées par décret. ". Aux termes de l'article 1383 C ter dudit code : " Sauf délibération contraire de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale doté d'une fiscalité propre, prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, les immeubles situés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville définis à l'article 5 de la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties pour une durée de cinq ans. /Pour l'application exclusive de la présente exonération, lorsque la limite d'un quartier correspond à une voie publique, les immeubles situés sur chacune des bordures de cette voie sont réputés situés dans le quartier prioritaire. /L'exonération s'applique aux immeubles existant au 1er janvier 2017 et rattachés à cette même date à un établissement remplissant les conditions pour bénéficier de l'exonération de cotisation foncière des entreprises prévue au I septies de l'article 1466 A ainsi qu'aux immeubles rattachés, entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2020, à un établissement remplissant les mêmes conditions. /Pour les immeubles rattachés à un établissement remplissant les conditions pour bénéficier de l'exonération de cotisation foncière des entreprises prévue au I septies de l'article 1466 A, le bénéfice de l'exonération est subordonné à l'existence, au 1er janvier de l'année de rattachement, du contrat de ville prévu à l'article 6 de la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 précitée. (). ".
6. Enfin, selon le 7ème alinéa du I septies de l'article 1466 A du même code : " () L'exonération s'applique lorsque les conditions suivantes sont remplies : / 1° L'entreprise exerce une activité commerciale () ".
7. S'il n'est pas contesté que le local en litige, référencé au cadastre sur la parcelle AB n°198 de la commune d'Arnouville, se situe dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, il ne résulte pas de l'instruction que ce local est affecté à un usage commercial au titre des années d'imposition en litige. Il s'ensuit que c'est à bon droit que l'administration a refusé à la SCI Norvic le bénéfice de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue par l'article 1383 C ter du code général des impôts, au titre des années 2018, 2019 et 2020.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SCI Norvic doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et celles présentées sur le fondement de l'article 699 du livre des procédures fiscales.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Norvic est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Norvic et au directeur départemental des finances publiques du Val d'Oise.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.
La rapporteure,
signé
Z. Saïh
Le président,
signé
T. Bertoncini La greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604840
01/10/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604704
01/10/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2509963
01/10/2026
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2604401
01/10/2026