Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2112157
jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112157 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 septembre 2021 et le 23 août 2023, M. A B demande au tribunal de condamner la commune d'Asnières-sur-Seine à lui verser la somme totale de 120 149,27 euros au titre des préjudices consécutifs au refus de son départ anticipé à la retraite.
Il soutient que :
- la responsabilité de la commune d'Asnières-sur-Seine peut être engagée dès lors qu'elle a commis une illégalité fautive en ne précisant pas sur ses arrêtés de nomination, d'avancement et de changement d'échelon, son grade, son emploi d'affectation et ses fonctions, conduisant ainsi la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) à commettre une erreur d'appréciation concernant sa situation au regard de la catégorie active ;
- la responsabilité de la commune d'Asnières-sur-Seine peut être engagée du fait de son inertie afin de défendre ses droits auprès de la CNRACL ;
- cette faute lui a causé un préjudice matériel évalué à hauteur de 105 149,27 euros ainsi qu'un préjudice moral et physique évalué à hauteur de 15 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2023 le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine conclut à titre principal au rejet de la requête de M. B et à titre subsidiaire à ce que la CNRACL soit appelée en garantie.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions de retraites civiles et militaires ;
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Goudenèche, rapporteure,
-les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lahmer, représentant la commune d'Asnières-sur-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, agent au sein de la commune d'Asnières-sur-Seine depuis 1980, occupait en dernier lieu le poste d'égoutier. Par un jugement n° 1902532 du 1er juillet 2021, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision du 5 février 2019 par laquelle le directeur de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a refusé de reconnaître à M. B un droit au départ anticipé à la retraite au titre de la catégorie active. Par des courriers du 20 juillet et du 12 août 2021 le requérant a demandé à la commune d'Asnières-sur-Seine de l'indemniser des préjudices qu'il estimait avoir subis. Par une décision du 23 août 2021 la commune a refusé de l'indemniser. M. B demande au tribunal de condamner la commune à l'indemniser des préjudices consécutifs au refus de son départ anticipé à la retraite.
2. En premier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que le maire de la commune d'Asnières-sur-Seine a commis une illégalité en ne mentionnant pas sur les arrêtés relatifs à sa carrière son grade, son emploi d'affection et ses fonctions. En tout état de cause, la décision illégale de la CNRACL du 5 février 2019 n'a pas pour fondement exclusif les arrêtés communaux litigieux, de sorte qu'un lien de causalité entre la faute alléguée de la commune et les dommages n'est pas établi.
3. En second lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la commune d'Asnières-sur-Seine se serait rendue responsable d'une carence fautive en ne défendant pas ses intérêts auprès de la CNRACL. Par suite, la responsabilité de la commune ne saurait être engagée pour ces faits.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Asnières-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La rapporteure,
signé
C. Goudenèche
La présidente,
signé
C. Bories
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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