Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2115704

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2115704
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre (JU)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2021, Mme B A demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à hauteur de la majoration de 20 % pour résidence secondaire qui lui a été appliquée, à raison d'un logement situé 17, boulevard Richelieu à Rueil-Malmaison.

Elle soutient que le logement qu'elle occupe à Rueil-Malmaison depuis l'année 2019, durant laquelle elle s'est séparée de son époux, constitue sa résidence principale et non sa résidence secondaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Villette, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Villette, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été assujettie à la taxe d'habitation au titre de l'année 2020, à raison d'un logement qu'elle occupe situé 17, boulevard Richelieu à Rueil-Malmaison, que l'administration a imposé en qualité de résidence secondaire. Mme A demande au tribunal de prononcer la réduction de cette taxe à hauteur de la majoration de 20 % pour résidence secondaire qui lui a été appliquée.

2. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () ". Aux termes de l'article 1407 ter de ce code, dans sa rédaction applicable : " I.- Dans les communes classées dans les zones géographiques mentionnées au premier alinéa du I de l'article 232, le conseil municipal peut, par une délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, majorer d'un pourcentage compris entre 5 % et 60 % la part lui revenant de la cotisation de taxe d'habitation due au titre des logements meublés non affectés à l'habitation principale () ". Aux termes de l'article 1408 du même code : " I.- La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables () ". Aux termes de l'article 1415 dudit code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties () sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit établir la taxe afférente à chaque habitation au nom de la personne qui en a la jouissance effective et, à défaut seulement, au nom de la personne qui en a la disposition. En conséquence, lorsque des époux sont séparés de fait, chacun doit être assujetti à la taxe pour les locaux meublés affectés à l'habitation dont il a personnellement la jouissance.

3. Mme A soutient que son logement situé à Rueil-Malmaison constitue sa résidence principale au motif qu'elle serait, depuis 2019, séparée de fait de son époux qui réside à Boulogne-Billancourt. Toutefois, si la requérante produit au soutien de ses allégations diverses factures d'énergie afférentes au bien assujetti à l'imposition litigieuse édictées entre juin 2019 et mars 2020 à son seul nom ainsi qu'un bail conclu à une date inconnue afférent au bien situé à Boulogne-Billancourt mentionnant que son époux est célibataire, ces documents ne sauraient, à eux seuls, établir la réalité de ses affirmations, alors qu'il résulte de l'instruction que l'intéressée a notamment souscrit une déclaration de revenus commune avec son conjoint au titre de l'année 2019 en indiquant résider à Boulogne-Billancourt, que sa déclaration de revenus au titre de l'année 2020 mentionne la même adresse au 1er janvier 2020 et que l'administration fiscale n'a accusé réception du changement d'adresse de la requérante que le 15 janvier 2021. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que les impositions contestées ne pouvaient faire l'objet de la majoration prévue par les dispositions précitées de l'article 1407 ter du code général des impôts.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

G. VILLETTE La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.