Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2200717

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2200717
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 janvier et 4 juillet 2022, M. B A demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ainsi que des majorations et pénalités correspondantes.

M. A soutient que :

- il ne saurait être qualifié de maître de l'affaire ;

- l'administration a méconnu les dispositions de l'article 117 du code général des impôts dès lors qu'elle n'a pas demandé à la SARL Mara Transport l'identité des bénéficiaires des revenus distribués.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;

- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;

- et les observations de M. A et de Mme C, pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. À l'issue de la vérification de comptabilité de la SARL Mara Transport portant sur les exercices 2015 à 2017, M. A, gérant et associé de cette société, s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 20 juillet 2018, selon la procédure de rectification contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017, assorties de majorations et pénalités. Par deux réclamations préalables en date des 5 mai 2019 et 15 juin 2021, rejetées le 11 janvier 2022, M. A a demandé le dégrèvement des cotisations supplémentaires mises à sa charge. M. A demande au Tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés () ". En cas de refus des propositions de rectification par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.

3. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur a estimé que M. A avait bénéficié de revenus distribués par la SARL Mara Transport, à hauteur de 447 569 euros en 2016 et de 13 208 euros en 2017. Il a donc réintégré les sommes correspondantes dans le revenu imposable du requérant au titre des années 2016 et 2017, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement des dispositions précitées du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts.

4. Il résulte de l'instruction que le service a relevé que M. A était associé à hauteur de 51,38 % et gérant de droit de la SARL Mara Transport jusqu'au 24 août 2016, qu'il disposait seul de la signature sociale et de la procuration bancaire de la société, y compris après cette date, et qu'aucune assemblée générale ordinaire ne s'était réunie, de sorte que l'intéressé avait assuré la gérance de la société sans en rendre formellement compte aux autres associés. En se bornant à soutenir qu'il co-détenait la signature sociale et qu'il n'avait pas exercé la gérance de droit sur toute la période en litige, M. A ne conteste pas sérieusement les éléments avancés par l'administration. La seule circonstance que le requérant n'a pas été désigné mandataire ad hoc par le Tribunal de commerce de Nanterre lors de la procédure de liquidation de la société est à cet égard sans incidence. Dans ces conditions, l'administration fiscale établit que M. A a eu seul la maîtrise de l'affaire au cours des années en litige, et est, dès lors, fondée à regarder l'intéressé comme ayant appréhendé les distributions en provenance de la société Mara Transport. Par suite, et sans qu'il soit besoin pour elle de recourir à la procédure prévue par l'article 117 du code général des impôts, c'est à bon droit que l'administration fiscale a réintégré ces revenus distribués dans le revenu imposable de M. A au titre des années 2016 et 2017 sur le fondement des dispositions précitées.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. A doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

La rapporteuse,

signé

M. LOUAZEL

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.