Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2201021

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2201021
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre (JU)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2022, M. C B demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 à raison d'un box à usage de parking situé 83, boulevard Gallieni à Issy-les-Moulineaux.

Il soutient que :

- l'emplacement de parking se situe à plus d'un kilomètre en voiture de son domicile et ne peut, dès lors, être qualifié de dépendance d'habitation ;

- le rehaussement auquel il est soumis n'est pas justifié, dans la mesure où sa situation n'a pas changé par rapport aux années 2009 à 2014 et 2016 à 2018 pour lesquelles l'administration ne l'a pas assujetti à la cotisation de taxe d'habitation à raison de son emplacement de parking ;

- l'administration a méconnu l'interprétation de la loi fiscale exprimée au paragraphe 180 de l'instruction administrative référencée BOI-IF-TH-10-10-10 ainsi que par la réponse ministérielle à la question n° 18489 de M. D A, sénateur, publiée au Journal officiel le 14 avril 2016.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Villette, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Villette, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été assujetti à la taxe d'habitation au titre de l'année 2021 à raison d'un box à usage de parking situé 83, boulevard Gallieni à Issy-les-Moulineaux. Par une réclamation du 17 novembre 2021, rejetée par l'administration fiscale le 1er décembre 2021, le contribuable a demandé le dégrèvement de cette imposition. M. B demande au Tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.

Sur le terrain de la loi fiscale :

2. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, dans sa version alors applicable : " I. La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () ". Aux termes de l'article 1408 du même code : " I. La taxe d'habitation est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables () ". Aux termes de l'article 1409 de ce code, dans sa version alors applicable : " La taxe d'habitation est calculée d'après la valeur locative des habitations et de leurs dépendances, telles que garages, jardins d'agrément, parcs et terrains de jeux () ". Enfin, aux termes de l'article 1415 dudit code, dans sa version alors applicable : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, pour l'assiette de la taxe d'habitation, la valeur locative d'un emplacement de parking doit être prise en compte lorsque le contribuable a la disposition ou la jouissance de cet emplacement de parking et que celui-ci constitue ainsi une dépendance de l'habitation. Si aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit de distance en-dessous de laquelle un emplacement de parking constituerait nécessairement une dépendance d'un local affecté à l'habitation, il appartient au juge de déterminer, dans chaque cas, si l'emplacement doit être regardé, en fonction des faits de l'espèce, comme constituant ou non une dépendance de l'habitation.

3. Il résulte de l'instruction qu'au 1er janvier 2021, M. B résidait 11, rue Victor Hugo à Issy-les-Moulineaux et était propriétaire d'un box à usage de parking situé 83, boulevard Gallieni dans la même commune, distant d'environ 850 mètres à pied de son domicile. Par ailleurs, si le requérant fait valoir que cette distance à pied doit être appréciée au regard de son handicap, l'intéressé, qui se borne à produire un certificat médical peu circonstancié, postérieur au fait générateur de l'imposition en litige, n'en justifie pas. Dès lors, ce garage, bien que distant en voiture de plus d'un kilomètre du lieu d'habitation, en constituait une dépendance au sens des dispositions précitées. Par suite, l'administration fiscale était fondée à soumettre M. B à la taxe d'habitation au titre de l'année 2021 à raison de ce box à usage de parking.

Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale :

4. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration () ". Aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal () ".

5. D'une part, à supposer que M. B ait entendu invoquer le bénéfice des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, le fait que l'administration fiscale se soit abstenue de procéder à un rehaussement au cours d'années d'imposition antérieures ne constitue pas une prise de position formelle sur la situation du contribuable au sens des dispositions précitées.

6. D'autre part, le requérant ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions précitées, des énonciations du paragraphe n° 180 de l'instruction administrative référencée BOI-IF-TH-10-10-10 du 12 septembre 2012, ni davantage de la réponse ministérielle à la question n° 18489 de M. D A, sénateur, publiée au Journal officiel le 14 avril 2016, lesquelles ne donnent pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il est fait application par le présent jugement.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.

Le magistrat désigné,

signé

G. VILLETTE La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.