Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2201264
mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2201264 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 janvier et 3 octobre 2022, Mme A B C demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes.
Mme B C soutient avoir perçu de la SAS Futura Internationale des versements en rémunération de son activité d'apporteur d'affaires pour la société Actipec, qu'elle a déclaré ces rémunérations d'un montant de 22 500 euros au titre de l'année 2015 et d'un montant de 8 574 euros au titre de l'année 2016, dans la catégorie " traitements et salaires " de ses déclarations de revenus et que le redressement en litige conduit, dès lors, à une double imposition.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés Mme B C ne sont pas fondés.
L'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Ile-de-France a produit un mémoire, enregistré le 29 mai 2024, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh,
- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Futura International, qui exerce une activité de travaux de bâtiment, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er juin 2015 au 31 décembre 2015. Dans le cadre de ce contrôle, le service vérificateur a constaté que Mme B C avait été bénéficiaire de règlements de cette société pour un montant de 22 500 euros en 2015 et 8 574 euros en 2016. Par deux propositions de rectification des 13 décembre 2018 et 9 avril 2019, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux assorties de l'intérêt de retard et de la majoration de 10 % ont été mises à la charge de Mme B C au titre des années 2015 et 2016, pour un montant, en droits et pénalités, respectivement de 10 091 euros et 4 681 euros. Mme B C a présenté des observations par courriers du 31 janvier 2019 et du 10 mai 2019. Par une réponse aux observations du contribuable, en date du 16 juillet 2019, le service a maintenu les rectifications proposées. Mme B C a formulé des observations complémentaires par lettre du 2 août 2019. Par courrier du 18 janvier 2021, le service a maintenu les rectifications en litige. Les cotisations supplémentaires ont ensuite été mises en recouvrement le 30 avril 2021. Mme B C a présenté une réclamation le 3 juin 2021, laquelle a été rejetée par une décision du 30 novembre 2021. Mme B C demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à charge.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / Les sommes imposables sont déterminées pour chaque période retenue pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés par la comparaison des bilans de clôture de ladite période et de la période précédente selon des modalités fixées par décret en conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ; (). ".
3. En l'espèce, la SAS Futura International exerce une activité de travaux de bâtiment, qui a recours à des entreprises sous-traitantes pour réaliser une partie des travaux qui lui sont commandés. A la suite de la vérification de comptabilité de la SAS Futura International, le service a constaté que cette société avait comptabilisé, en tant que charges de sous-traitance, des factures émises par la société Actipec au titre des années 2015 et 2016, et que des chèques utilisés pour le règlement de ces factures avaient été libellés au nom de Mme B C qui avait ainsi perçu une somme de 22 500 euros en 2015 et 8 574 euros en 2016. L'administration a réintégré dans les résultats de l'entreprise le montant des factures émises par la société Actipec, lesquelles ont été considérées comme des factures fictives dès lors qu'elles n'ont pour contrepartie aucune prestation et correspondaient ainsi à des charges de sous-traitance fictive, qui ne pouvaient venir en déduction du résultat imposable. L'administration a ensuite, se fondant sur les dispositions de l'article 111 c) du code général des impôts, qualifié lesdites sommes de revenus distribués et les a imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au nom de Mme B C, les assortissant de la majoration de 10 % prévue à l'article 1758 du code général des impôts.
4. Pour contester le redressement litigieux dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, en tant que revenus distribués, Mme B C soutient avoir perçu de la SAS Futura Internationale des versements en rémunération de son activité d'apporteur d'affaires pour la société Actipec, qu'elle a déclaré ces rémunérations dans la catégorie " traitements et salaires " de ses déclarations de revenus au titre des années 2015 et 2016 et que le redressement en litige conduit ainsi à une double imposition.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que les charges comptabilisées par la SAS Futura International, relatives aux factures émises par la société Actipec au titre des années 2015 et 2016, constituent des charges de sous-traitance fictives et sont constitutives de rémunérations et avantages occultes, au nom de Mme B C pour un montant de 22 500 euros au titre de l'année 2015 et de 8 574 euros au titre de l'année 2016. A cet égard, si Mme B C soutient avoir déclaré ces sommes dans la catégorie " traitements et salaires " de ses déclarations de revenus, il résulte toutefois de l'instruction que Mme B C, qui a déclaré au titre des années 2015 et 2016, des traitements et salaires pour un montant respectivement de 59 134 euros et de 60 000 euros, ne verse pas de pièces justificatives permettant d'établir le détail de ces sommes. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a estimé que ces sommes étaient constitutives de revenus distribués entre les mains de Mme B C, bénéficiaire connue, et a rehaussé de ces sommes les revenus de capitaux mobiliers de la requérante au titre des années d'imposition en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B C et l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Eustache, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
Z. Saïh
Le président,
signé
T. Bertoncini La greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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