Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2206995
lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2206995 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 9 mai et 9 juin 2022, 29 janvier et 23 février 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision en date du 20 avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a rejeté son recours administratif préalable et confirmé l'existence d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 3 612 euros.
Elle soutient que :
- à la suite de son divorce, elle a déclaré ses revenus en frais réels pour l'année 2020 avant de se rendre compte de son erreur et d'avoir rectifié sa déclaration ; qu'elle a vérifié cette rectification et ses droits auprès de la caisse d'allocations familiales qui lui a confirmé qu'elle avait bien droit à l'allocation de logement familiale avant de s'apercevoir de son erreur ;
- elle est mère isolée de deux petites filles en bas âge et est de bonne foi ;
- la caisse d'allocations familiales a opéré des prélèvements pour récupérer les sommes en litige en méconnaissance du caractère suspensif du recours.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 26 février 2024.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision en date du 20 avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a rejeté son recours préalable et confirmé l'existence d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 3 612 euros.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale ". L'article L. 823-9 du même code dispose : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale prévoit : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues () au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
3. En premier lieu, Mme B ne conteste pas sérieusement le bien-fondé de l'indu en litige en soutenant avoir commis une erreur dans la déclaration de ses revenus, erreur qu'elle aurait rectifiée auprès de la caisse d'allocations familiales qui lui aurait alors confirmé qu'elle était bien en droit de percevoir l'allocation de logement familiale. En tout état de cause, la circonstance, à la supposer vérifiée, que l'indu litigieux provienne d'une erreur de la caisse d'allocation familiale n'exonèrerait pas la requérante de sa restitution.
4. En deuxième lieu, si la requérante peut être regardée comme ayant entendu soutenir qu'elle est de bonne foi et que sa situation financière est précaire, de tels moyens, qui n'ont pas trait au bien-fondé de l'indu, sont inopérants dans le cadre de la présente contestation. Il est toutefois loisible à Mme B, si elle s'y croit fondée, de former auprès de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine une demande de remise gracieuse de sa dette.
5. En dernier lieu, Mme B soutient, dans le dernier état de ses écritures, que le caractère suspensif du recours contentieux qu'elle a introduit, n'aurait pas été respecté, en tout état de cause, cette circonstance, à la supposer vérifiée, serait sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et sur le bien-fondé de l'indu en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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