Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2208421

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2208421
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2022, la SA Ambassador demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de TVA qui lui ont été assignés au titre des années 2016, 2017 et 2018.

Elle soutient qu'elle a été privée d'une garantie substantielle consistant à pouvoir saisir la commission départementale des impôts directs, dès lors que l'administration a rayé la mention de la possibilité de saisir la commission dans sa réponse aux observations du contribuable, alors même que le litige ne portait pas seulement sur le taux de TVA applicable aux opérations taxables, mais sur la qualification des prestations de service dont dépend l'application ou non du taux réduit.

Par un mémoire enregistré le 2 décembre 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction du contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la requérante sont inopérants.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Viain, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SA Ambassador, société de transport de personnes, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 étendue au 31 décembre 2018 concernant la TVA, à l'issue de laquelle, par une proposition de rectification du 4 octobre 2019, des rappels de TVA lui ont été notifiés au titre des années 2016, 2017 et 2018. La requérante a contesté ces impositions supplémentaires par une réclamation préalable du 4 février 2022, rejetée le 15 avril 2022. Par la requête susvisée, la SA Ambassador réitère ses prétentions devant le tribunal.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis soit de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires () ". Aux termes de l'article L. 59 A du même livre, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " I.- La commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : / 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial, non commercial, agricole ou du chiffre d'affaires, déterminé selon un mode réel d'imposition () / II.- Dans les domaines mentionnés au I, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut, sans trancher une question de droit, se prononcer sur les faits susceptibles d'être pris en compte pour l'examen de cette question de droit. / Par dérogation aux dispositions du premier alinéa, la commission peut se prononcer sur le caractère anormal d'un acte de gestion, sur le principe et le montant des amortissements et des provisions ainsi que sur le caractère de charges déductibles des travaux immobiliers. ".

3. En l'espèce, le litige opposant la SA Ambassador à l'administration ne portait pas sur la détermination de son chiffre d'affaires taxable mais était relatif à la question de savoir si les recettes en cause étaient imposables au taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée. Il n'était, par suite, pas au nombre des différends dont il appartenait à la commission départementale de connaître. Dès lors, le moyen tiré de ce que la procédure d'imposition suivie à son égard aurait été irrégulière, du fait que la mention pré-imprimée figurant sur le formulaire de réponse aux observations du contribuable relative à la possibilité de saisir la commission départementale avait été rayée, doit être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SA Ambassador ne peut qu'être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SA Ambassador est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA Ambassador et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction du contrôle fiscal Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

M. Viain, premier conseiller ;

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C. HUONLa greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2208421