Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2212172

mardi 2 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2212172
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCLL AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 août 2022 et le 14 avril 2023, M. A B, représenté par Me Normand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite, née le 25 juin 2022, par laquelle le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France (VNF) a refusé d'annuler les 94 titres exécutoires émis à son encontre ;

2°) d'annuler ces titres exécutoires ;

3°) de condamner VNF à lui verser une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, VNF, représenté par Me Caron, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet des conclusions, et à la condamnation du requérant à lui verser une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que la requête est dirigée contre une décision confirmative et que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- l'ordonnance de la Cour administrative d'appel de Versailles n°19VE03064 du 22 juin 2021 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France a refusé d'annuler 94 titres exécutoires émis à son encontre pour le recouvrement d'indemnités d'occupation sans droit ni titre du domaine public fluvial.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : "'Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, le vice-président du tribunal administratif de Paris et les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ()'".

3. Il ressort des pièces du dossier que des titres exécutoires ont été émis à l'encontre de M. B le 11 octobre 2013 pour le recouvrement d'indemnités d'occupation du domaine public. Le recours préalable exercé contre ces titres par le requérant le 9 décembre 2013 est resté sans réponse, faisant ainsi naître une décision implicite de rejet. Le recours contentieux introduit par M. B devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 2 avril 2017 a été rejeté pour tardiveté le 27 juin 2019. Par une ordonnance du 22 juin 2021, la Cour administrative d'appel de Versailles a rejeté l'appel formé contre ce jugement par M. B. La décision implicite, née le 25 juin 2022 du silence gardé par VNF sur le recours gracieux exercé par l'intéressé après la signification d'un commandement de payer les titres exécutoires litigieux le 21 février 2022, constitue une décision confirmative du refus d'annuler ces titres exécutoires. La requête de M. B est, par suite, manifestement irrecevable et insusceptible de régularisation, il y a donc lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros à verser à VNF sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera à l'établissement public VNF une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au directeur général de Voies navigables de France.

Fait à Cergy, le 2 avril 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

signé

C. Bories

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision