Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2215716
jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2215716 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2022, Mme A B demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2022, à raison d'une maison dont elle est usufruitière située 3, rue de Prague à Colombes ;
2°) de prononcer la restitution de la somme de 958 euros dont elle s'est acquittée à ce titre.
Elle soutient que :
- elle a été exonérée du paiement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, à raison de sa résidence principale, au titre des années précédentes alors que ses revenus ont, depuis lors, diminué ;
- elle a été exonérée du paiement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, à raison d'un appartement dont elle est propriétaire, au titre de l'année d'imposition en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Villette, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Villette, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, usufruitière d'une maison d'habitation située 3, rue de Prague à Colombes, a été assujettie à une cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2022, à raison de ce bien. Par une réclamation préalable du 27 septembre 2022, rejetée par l'administration fiscale le 20 octobre 2022, la requérante a demandé le dégrèvement de cette imposition. Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2022, à raison de ce bien.
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1415 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Aux termes de l'article 1400 du même code : " () II. - Lorsqu'un immeuble est grevé d'usufruit () la taxe foncière est établie au nom de l'usufruitier () ". Aux termes de l'article 1391 dudit code, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les redevables âgés de plus de soixante-quinze ans au 1er janvier de l'année de l'imposition sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'immeuble habité exclusivement par eux, lorsque le montant des revenus de l'année précédente n'excède pas la limite prévue à l'article 1417. / II. - Les contribuables qui ne bénéficient plus de l'exonération prévue au I : / 1° Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à l'immeuble habité exclusivement par eux la première et la deuxième année suivant celle au titre de laquelle ils ont bénéficié de l'exonération prévue au même I pour la dernière fois () ". Enfin, aux termes de l'article 1417 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les dispositions des articles 1391 et 1391 B () sont applicables aux contribuables dont le montant des revenus de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est établie n'excède pas la somme de 11 120 €, pour la première part de quotient familial, majorée de 2 969 € pour chaque demi-part supplémentaire, retenues pour le calcul de l'impôt sur le revenu afférent auxdits revenus () ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme B a perçu en 2021 des revenus d'un montant de 11 857 euros, supérieurs au seuil mentionné au I de l'article 1417 du code général des impôts. Dès lors, elle ne pouvait pas bénéficier, au titre de l'année 2022, de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue par les dispositions du I de l'article 1391 du code général des impôts. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la requérante, qui a perçu 12 271 euros en 2019 et 11 874 euros en 2020, ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de cette exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2020 et 2021, et qu'elle ne peut ainsi pas davantage bénéficier, au titre de l'année 2022, de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties prévue par les dispositions du II de l'article 1391 du code général des impôts. En outre, la circonstance que l'intéressée ait été, à tort, exonérée de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2022, à raison d'un appartement dont elle est également propriétaire est sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition en litige. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale l'a assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2022, à raison de la maison ont elle est usufruitière située 3, rue de Prague à Colombes.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge et de restitution présentées par Mme B doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. VILLETTE La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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