Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2217268
jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2217268 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022, à raison de d'une maison dont il est propriétaire située 112, rue de Vauréal à Cergy ;
2°) à titre subsidiaire, la remise gracieuse de cette imposition.
Il soutient que :
- il a envoyé le formulaire de déclaration " H1 " à l'administration fiscale dans le délai de quatre-vingt-dix jours qui lui était imparti ;
- sa situation financière est difficile.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Louazel, conseillère, pour statuer sur les affaires relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Louazel, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été assujetti à la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2022 à raison d'une maison située 112, rue de Vauréal à Cergy. Par une réclamation préalable en date du 14 octobre 2022, rejetée le 20 octobre 2022, M. B a demandé le dégrèvement de cette cotisation en se prévalant de l'exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent l'achèvement des constructions nouvelles. L'intéressé a ensuite sollicité, le 12 décembre 2022, une remise gracieuse de cette imposition auprès du service des impôts des particuliers de Cergy, laquelle a été rejetée faute de production des justificatifs demandés le 16 décembre 2022. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition et, à titre subsidiaire, l'annulation de la décision de rejet de sa demande de remise gracieuse.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 1383 du code général des impôts : " I. - Les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement () ". Aux termes de l'article 1406 du même code : " I. - Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret () II. - Le bénéfice des exonérations temporaires de taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties est subordonné à la déclaration du changement qui les motive. Lorsque la déclaration est souscrite hors délais, l'exonération s'applique pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante. ". L'article 1415 de ce code, dans sa version alors applicable, dispose que : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient aux contribuables de porter à la connaissance de l'administration fiscale l'existence d'une construction nouvelle dans les quatre-vingt-dix jours de sa réalisation définitive pour pouvoir bénéficier de l'exonération prévue par l'article 1383 pendant les deux années qui suivent l'achèvement de la construction et qu'une déclaration tardive ne leur ouvre droit au bénéfice de l'exonération que pour la période restant à courir après le 31 décembre de l'année suivante.
4. Il est constant que les travaux de construction de la maison neuve de M. B ont été achevés le 3 novembre 2021. Or il résulte de l'instruction que le formulaire de déclaration de travaux prévue à l'article 1406 du code général des impôts, signé le 23 février 2022, n'a été adressé à l'administration fiscale que le 28 février 2022, soit au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours visé par les dispositions précitées. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service a refusé, au titre de l'année 2022, d'accorder à M. B le bénéfice de l'exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties en faveur des constructions nouvelles.
Sur la demande de remise gracieuse :
5. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable : 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence ; / 2° Des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives () ".
6. Si la décision de l'administration refusant une remise gracieuse sur ce fondement peut être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir, cette décision ne peut être annulée que si elle est entachée d'incompétence, d'erreur de droit, d'erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation ou encore si elle est révélatrice d'un détournement de pouvoir.
7. En exposant que ses difficultés financières ne lui permettent pas de payer la somme demandée au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties de l'année 2022, M. B doit être regardé comme soutenant que la décision de refus de remise gracieuse de l'impôt sur les revenus qu'il conteste est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Lorsqu'elle se prononce sur des demandes de remise gracieuse d'impôt en application du 1° de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales, l'administration est tenue de ne prendre en compte que la situation financière du contribuable. L'impossibilité de payer dans laquelle se trouve le contribuable par suite de gêne ou d'indigence, s'apprécie à la date à laquelle elle se prononce.
9. Si M. B soutient avoir perdu deux de ses emplois en tant qu'éducateur sportif et qu'il n'a perçu que 1 176 euros sur les dix derniers mois, les éléments qu'il verse à l'instance ne suffisent pas à apprécier globalement sa situation financière et patrimoniale au 1er janvier 2022. Dans ces conditions, l'administration fiscale a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, rejeter sa demande. Ce refus ne s'oppose pas à ce que M. B présente auprès de l'administration fiscale, ainsi qu'elle l'y invite, et s'il s'y croit fondé, une nouvelle demande de remise gracieuse.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. LOUAZEL
La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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