Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2217645
lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2217645 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 28 décembre 2022 et 23 février 2023, M. et Mme B A demandent au tribunal d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a refusé de leur accorder une remise gracieuse de leur dette de revenu de solidarité active d'un montant de 1 710, 29 euros relatif à la période comprise entre le 1er décembre 2020 et le 31 août 2022.
Ils soutiennent :
- faire régulièrement leurs déclarations de ressources ;
- qu'une remise de dette sur un précédent trop-perçu de revenu de solidarité active leur a été accordée ; elle n'a toujours pas été remboursée ; cette période de trop-perçu a été incluse dans cette nouvelle dette qui leur est imputée ;
- ils ne peuvent régler le montant de cet indu alors qu'ils se trouvent déjà dans une situation de précarité.
Un mémoire en défense a été enregistré le 23 février 2024 pour le département des Hauts-de-Seine qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que :
- c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales a établi l'existence d'un trop perçu ;
- les moyens soulevés à l'encontre de la décision de remise gracieuse ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 26 février 2024.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine, a, par une décision du 15 novembre 2022, refusé d'accorder à M. et Mme A une remise gracieuse de leur dette de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 1 710, 29 euros. M. et Mme A doivent être regardés comme demandant au tribunal de leur accorder une remise totale de cette dette.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé de son service. (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
3. A cet égard, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. A l'appui de leur demande, M. et Mme A soutiennent " faire régulièrement leurs déclarations de ressources " et donc être de bonne foi. Alors que ce point n'est pas contesté en défense, il résulte par ailleurs de l'instruction et notamment de l'avis d'imposition pour l'année 2021, que les revenus du foyer, comprenant les salaires de leur fils majeur à charge, s'élèvent à la somme de 8 676 euros par an soit 723 euros par mois auxquels s'ajoutent les prestations de la caisse d'allocations familiales à hauteur de 476 euros mensuels soit une somme totale d'environ 1 199 euros mensuels. Pour justifier de leurs charges, les requérants produisent un avis d'échéance de la MAAF (277 euros annuels), une facture d'eau (196 euros d'août à novembre 2022), des factures EDF de 120 à 140 euros mensuels et une quittance de loyer d'un montant résiduel de 386 euros dont les requérants ne s'acquittent donc qu'au prix d'un taux d'effort d'environ 50% leur laissant un reste à vivre d'environ 6, 6 euros par jour et par membre du foyer. La situation de précarité peut être regardée comme établie. M. et Mme A sont donc fondés, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête, à demander une remise de dette totale de l'indu de revenu de solidarité active en litige.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'accorder une remise gracieuse d'un montant de 1 710, 29 euros à M. et Mme A au titre de l'indu de revenu de solidarité active dont ils sont redevables à l'égard de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de -Seine.
D É C I D E :
Article 1er : M. et Mme A sont déchargés du paiement de la somme de 1 710, 29 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et au conseil départemental des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée à la Caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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