Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2300697
lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2300697 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 janvier 2023, 7 mars 2023 et 5 mars 2024, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 2 octobre 2023, Mme B C A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite, révélée par la décision du 31 décembre 2022, par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a confirmé, sur recours préalable obligatoire formé le 10 octobre 2022, qu'elle restait redevable d'un indu de prime d'activité pour la somme de 423,42 euros ;
2°) d'annuler la décision du 8 novembre 2022 par laquelle la CAF du Val-d'Oise n'a fait que partiellement droit à sa demande de remise de cette dette, ramenant cette dernière à la somme de 206,98 euros.
Elle soutient que :
- l'indu n'est pas fondé, dès lors qu'elle n'en comprend pas l'origine ;
- une remise de dette totale doit lui être accordée, dès lors qu'elle n'est pas à l'origine de cet indu et que sa situation financière ne lui permet pas de le rembourser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2023, la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal par intérim a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un contrôle de la situation de Mme C A, allocataire de la prime d'activité depuis le mois de janvier 2017, la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a notifié à l'intéressée, par un courrier du 15 avril 2022, un indu de 414,12 euros de prime d'activité, versée à tort entre le 1er juillet 2020 et le 31 mars 2021. Par un courrier du 10 octobre 2022, Mme C A doit être regardée comme ayant exercé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision et ayant sollicité également une remise de dette. Par un courrier du 8 novembre 2022, la CAF du Val-d'Oise lui a accordé une remise partielle de sa dette, la ramenant à la somme de 206,98 euros. Par un courrier du 31 décembre 2022, la CAF du Val-d'Oise a rappelé à Mme C A qu'elle restait redevable de la somme de 206,98 euros. Par la présente requête, la requérante doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours administratif préalable obligatoire, confirmée par la décision du 31 décembre 2022, ayant confirmé l'indu mis à sa charge ainsi que de la décision du 8 novembre 2022 en tant qu'elle lui refuse une remise totale de sa dette.
Sur les conclusions relatives à l'indu :
2. Aux termes de l'article L. 841-1 du code de sécurité sociale, " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat. " Aux termes de l'article L. 842-3 de ce code : " La prime d'activité est égale à la différence entre :1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () "
3. Au cas particulier, l'indu en litige résulte de ce que les déclarations trimestrielles de ressource de Mme C A auprès de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise pour la période allant de juillet 2020 à mars 2021 ne concordaient pas avec les déclarations de revenus de l'intéressée auprès de l'administration fiscale faisant état d'un revenu total de 17 931 euros sur l'année 2020, discordance identifiée lors d'un contrôle de la situation de l'intéressée mené en janvier 2022, une différence de 3 215 euros de revenu supplémentaire ayant été ainsi identifiée. Pour contester l'existence d'un indu, Mme C A se borne à dire qu'elle a toujours effectué des déclarations exactes, que cette situation résulte peut-être d'erreurs commises par les particuliers qui l'emploient, que son mari a droit au revenu de solidarité active et qu'elle a, à sa charge, son beau-frère en situation de handicap. Toutefois, elle ne conteste pas les montants de ressources rectifiés qui ont servi pour calculer ses droits et qui apparaissent dans son avis d'impôt 2021 sur ses revenus 2020. Par ailleurs, la précarité éventuelle de sa situation financière est sans incidence sur le bien-fondé d'une décision mettant à sa charge un indu, qui se borne à constater qu'elle a reçu des sommes qui ne lui étaient pas dues.
4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite ayant confirmé qu'elle était redevable d'un indu de prime d'activité de 414,42 euros.
Sur le conclusions à fin de remise de dette :
5. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
7. A supposer que Mme C A soit de bonne foi, la décision du 8 novembre 2022 ne laisse à sa charge que la somme de 206,98 euros, alors qu'il ressort de l'avis d'impôt de 2023 établi sur les revenus 2022 que le foyer fiscal de Mme C A a un revenu fiscal de référence pour l'année 2022 de 25 822 euros et que, si elle héberge son beau-frère en situation d'invalidité, elle bénéficie à cette fin d'une part supplémentaire, ce dernier bénéficiant au demeurant d'une pension d'invalidité lui permettant de participer aux charges du foyer. Dès lors, au regard du montant limité de l'indu restant en litige, Mme C A n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'est pas en situation de rembourser cette dette.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation présentées par Mme C A contre la décision du 8 novembre 2022 doivent être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. MonteagleLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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