Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305828

lundi 11 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2305828
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPole Social (JU)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision en date du 28 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine, après lui avoir accordé une remise partielle d'un indu de prime d'activité à hauteur de 320, 30 euros, a laissé à sa charge une somme de 960, 90 euros.

Il soutient être dans une situation de précarité financière qui ne lui permet pas de régler le solde de cet indu.

Un mémoire en défense a été enregistré le 8 février 2024 pour la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a, par une décision du 28 février 2023, accordé à M. B une remise partielle d'un indu de prime d'activité à hauteur de 320, 30 euros mais laissé à sa charge une somme de 960, 90 euros. M. B demande l'annulation de cette décision et donc la remise totale de cet indu.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

4. M. B, qui n'établit, ni même n'allègue, avoir été de bonne foi ne peut donc prétendre au bénéfice d'une remise gracieuse alors même qu'il allègue être en situation de précarité. En tout état de cause sur ce premier point, il résulte de l'instruction, et notamment de l'avis d'imposition de l'intéressé établi en 2022, que M. B, qui n'a pas d'enfant à charge, a déclaré des revenus à hauteur de 21 451 euros pour l'année 2021. S'il soutient supporter des charges à hauteur de 704 euros au titre de son loyer, 250 euros de pension alimentaire, 54 euros de facture de gaz et d'électricité, 16 euros d'assurance, 200 euros de saisie sur salaire, et 70 euros de frais de téléphonie, M. B ne justifie pas d'une situation de précarité qui le placerait dans l'impossibilité de rembourser le solde de sa dette qui s'élève à la somme de 960, 90 euros.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la Caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2024.

La magistrate désignée,

signé

H. Lepetit-CollinLa greffière,

signé

C. Mas

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière