Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2306649

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2306649
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPole Social (JU)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête n°2306649, enregistrée le 27 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 2022-3993-1 émis le 11 avril 2022 par le Département des Hauts-de-Seine pour le recouvrement de la somme de 2 238, 96 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active afférent à la période du 1er novembre 2019 au 29 février 2020 ;

2°) de la décharger du paiement de la somme de 2 238, 96 euros ;

3°) de lui accorder une remise gracieuse de cette somme ;

4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine une somme de 2 000 euros à verser à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- le titre a été émis en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- le titre ne comporte aucune motivation compréhensible ;

- le bien-fondé de la créance n'est pas établi ; elle ne vit pas en concubinage avec M. B ;

- elle est de bonne foi et peut donc prétendre à une remise de dette.

Par un mémoire enregistré le 19 avril 2024, le conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête comme irrecevable et demande, à titre subsidiaire, de prononcer un non-lieu à statuer sur la demande.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les conclusions tendant à la remise gracieuse de l'indu sont irrecevables faute, pour Mme A, d'avoir présenté une demande en ce sens auprès de l'administration ;

- postérieurement à l'introduction de cette requête, le département a opéré un retrait de ce titre exécutoire ; ce retrait rend sans objet la présente requête.

II. Par une requête n°2306650, enregistrée le 27 avril 2023, Mme C A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n°2022-3992-1 émis le 11 avril 2022 par le Département des Hauts-de-Seine pour le recouvrement de la somme de 7 577, 86 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active afférent à la période du 1er mars 2020 au 31 juillet 2021 ;

2°) de la décharger du paiement de la somme de 7 577, 86 euros ;

3°) de lui accorder une remise gracieuse de cette somme ;

4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine une somme de 2 000 euros à verser à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du Code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- le titre a été émis en méconnaissance des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- le titre ne comporte aucune motivation compréhensible ;

- le bien-fondé de la créance n'est pas établi ; elle ne vit pas en concubinage avec M. B ;

- elle est de bonne foi et peut donc prétendre à une remise de dette.

Par un mémoire enregistré le 19 avril 2024, le conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête comme irrecevable et demande, à titre subsidiaire, de prononcer un non-lieu à statuer sur la demande.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les conclusions tendant à la remise gracieuse de l'indu sont irrecevables faute, pour Mme A, d'avoir présenté une demande en ce sens auprès de l'administration ;

- postérieurement à l'introduction de cette requête, le département a opéré un retrait de ce titre exécutoire ; ce retrait rend sans objet la présente requête.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les décisions en date des 16 octobre 2023 et 26 février 2024 par lesquelles le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a statué sur les demandes d'aide juridictionnelle présentées par Mme A ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code général des collectivités territoriales,

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande l'annulation de deux avis de sommes à payer émis le 11 avril 2022 par le Département des Hauts-de-Seine pour le recouvrement de deux indus de revenu de solidarité active afférents à la période du 1er novembre 2019 au 29 février 20 20 et à la période du 1er mars 2020 au 31 juillet 2021 pour des montants respectifs de 2 238, 96 euros et 7 577, 86 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation des avis de sommes à payer :

2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

3. Il résulte de l'instruction que les titres exécutoires émis le 11 avril 2022 ont été remplacés, en cours d'instance, par de nouveaux avis de sommes à payer en date du 18 avril 2024. Par suite, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées à l'encontre des titres exécutoires émis le 11 avril 2022. En revanche, dès lors que les nouveaux titres émis le 18 avril 2024 font référence à la même créance, ils ont la même portée que ceux qui ont été retirés. Par suite, la requérante doit donc être regardée comme demandant l'annulation de ces nouveaux titres exécutoires.

4. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens de légalité externe invoqués contre les titres exécutoires en date du 11 avril 2022 ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

5. En second lieu, si Mme A demande au tribunal d'annuler les titres exécutoires en litige en contestant la réalité de la situation de concubinage à l'origine des indus litigieux, à supposer ce moyen recevable dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la requérante aurait exercé un recours administratif préalable obligatoire contestant le bien fondé des indus litigieux, la requérante n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations en se bornant soutenir qu'elle est handicapée et qu'elle réside dans l'appartement de M. B avec lequel elle partage les frais de location. En tout état de cause, par ce moyen qui n'est pas assorti des précisions suffisantes, la requérante ne conteste donc pas sérieusement le bien-fondé des indus litigieux.

Sur les demandes de remise gracieuse :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative: " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () ".

7. Mme A demande, à titre subsidiaire, que lui soit accordée une remise gracieuse de sa dette. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait formé auprès du département des Hauts-de-Seine une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée, avant de saisir le tribunal, y compris après avoir été mis à même de régulariser sa requête par le tribunal sur ce point. Il ne ressort pas davantage des décisions produites par la requérante que l'administration ait statué d'office sur une telle demande. Par suite, les conclusions de Mme A à fin de remise de dette sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Le présent jugement rejetant l'ensemble des conclusions présentées par Mme A, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent, en tout état de cause, et par voie de conséquence qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les concluions à fin d'annulation des avis de sommes à payer n°2022-3992-1 et n° 2022-3993-1 émis le 11 avril 2022 par le Département des Hauts-de-Seine.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes susvisées présentées par Mme C A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A, à Me Desfarges et au département des Hauts-de-Seine.

Copie en sera adressée à la Caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

H. Lepetit-CollinLa greffière,

Signé

C. Mas

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2306649 et 2306650