Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2306851

lundi 11 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2306851
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPole Social (JU)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 1er mai et 18 juin 2023, M. et Mme A B doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la décision en date du 29 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a refusé d'accorder à Mme B une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 486, 79 euros.

Ils soutiennent que

- alors même que l'erreur est imputable à la caisse d'allocations familiales et qu'ils l'ont signalée, elle leur préjudicie ;

- ils se sont toujours acquitté de leurs déclarations mensuelles ce qui atteste de leur bonne foi ;

- ils sont dans l'incapacité de rembourser cette somme.

Un mémoire en défense a été enregistré le 21 février 2024 pour la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Un mémoire complémentaire a été produit le 22 février 2024 par M. et Mme B qui concluent aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 26 février 2024.

La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, a, par une décision du 29 mars, 2023 refusé d'accorder à Mme B une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 486, 79 euros. M. et Mme B demandent l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 843-1 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants. ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service (). / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ou de la prime d'activité ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu de ces allocations et prestations, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active ou de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

4. M. et Mme B, qui ne contestent pas le bien-fondé de l'indu en litige, soutiennent avoir été de bonne foi et que l'origine de l'indu est imputable à la caisse d'allocations familiales alors que l'erreur commise lui avait pourtant été signalée. Toutefois, si la bonne foi des requérants peut être regardée comme établie par les pièces qu'ils produisent, alors qu'elle n'est d'ailleurs pas même mise en cause par la caisse d'allocations familiales, ces derniers ne soutiennent, ni n'allèguent se trouver dans une situation de précarité telle qu'ils ne peuvent s'acquitter, le cas échéant au moyen d'un un échéancier de paiement sollicité auprès de la caisse d'allocations familiales, de l'indu demeurant à leur charge pour un montant de 486, 79 euros. A cet égard, si, devant la caisse d'allocations familiales, les requérants ont indiqué que Mme B était sans emploi et être dans l'incapacité de régler une telle somme, ils ne l'établissent pas. Enfin, la circonstance, que l'origine d'un versement indu ne soit pas imputable à l'allocataire n'emporte pas le droit pour ce dernier d'en obtenir la remise gracieuse.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la ministre du travail, de la santé et de la solidarité.

Copie en sera adressée à la Caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2024.

La magistrate désignée,

signé

H. Lepetit-CollinLa greffière,

signé

C. Mas

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et de la solidarité en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière