Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2307326
lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2307326 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2303649 du 22 mai 2023 la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 5 mai 2023, présentée par Mme C A.
Par cette requête et un mémoire complémentaire enregistré le 27 juin 2023, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision en date du 15 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a confirmé la mise à sa charge de deux indus d'allocation de logement sociale d'un montant de 208 euros pour le mois d'août 2021 et d'un montant de 1 913 euros pour les mois de septembre 2020 à juillet 2021.
Elle soutient que :
- son conjoint n'était pas français, elle n'avait pas à déclarer son changement de situation maritale dès lors qu'il ne disposait pas de numéro de sécurité sociale ;
- elle n'était pas pacsée avant février 2021 ;
- elle était toujours étudiante pour l'année scolaire 2020-2021 et donc n'avait pas de salaire lui permettant de payer son loyer ; depuis février 2021, elle vit maritalement avec son seul salaire pour revenu ; il en va de même pour le mois d'août 2021 ;
- elle a déjà remboursé un indu de 1 258 euros pour un trop-perçu d'allocation de logement sociale afférent à la période de septembre 2021 à février 2022 ;
- cette situation est difficile à vivre et les dires des conseillers de la caisse d'allocations familiales l'ont induite en erreur.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 et le 14 mars 2024, la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante ne se prévaut que de moyens d'ordre gracieux ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée,
- les observations de Mme A.
La clôture de l'instruction est intervenue après à l'issue de l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a, par une décision du 15 mars 2023, confirmé la mise à la charge de Mme A de deux indus d'allocation de logement sociale d'un montant de 208 euros pour le mois d'août 2021 et d'un montant de 1 913 euros pour les mois de septembre 2020 à juillet 2021. Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Si la caisse d'allocations familiales soutient que la requête de Mme A ne serait assortie que de moyens d'ordre gracieux, il ressort des pièces du dossier qu'en soutenant que la décision attaquée pose " plusieurs problèmes " et notamment qu'elle n'avait pas à déclarer son conjoint aux services de la caisse d'allocations familiales, Mme A doit être regardée comme ayant entendu contester le bien-fondé de l'indu.
Sur le bien-fondé des indus :
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnelle au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : () 2° Les allocations de logement : () b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 822-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale. ". Aux termes de l'article L. 822-2 du même code : " I.-Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : / 1° Les personnes de nationalité française ; / 2° Les personnes de nationalité étrangère remplissant les conditions prévues par les deux premiers alinéas de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. / II.-Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. ".
5. Aux termes de l'article L823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; ( ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer () "
6. Il ressort des pièces du dossier que les indus litigieux sont afférents à la période courant du 1er septembre 2020 au 31 juillet 2021 et du 1er août 2021 au 31 août 2021 et trouvent leur origine dans l'absence de déclaration, par Mme A, à la suite d'un changement de situation familiale, des revenus de son concubin, la caisse d'allocations familiales ayant constaté que Mme A vivait maritalement avec M. B depuis le 1er septembre 2020. Si Mme A soutient que leur pacte civil de solidarité remonte au mois de février 2021, elle ne conteste ce faisant, pas utilement la date de début de la vie maritale retenue par la caisse d'allocations familiales. Par ailleurs, Mme A, qui n'a répondu, ni aux demandes de pièces relatives à la situation et aux ressources de M. B adressées par la caisse d'allocations familiales, ni à la mesure d'instruction diligentée par la juridiction sur ce point le 15 mars 2024, ne peut utilement se borner à soutenir qu'elle ne pouvait déclarer son changent de situation et les revenus de son concubin auprès de la caisse d'allocations familiales dès lors que ce dernier était en situation irrégulière sur le territoire national et ne disposait d'aucun numéro de sécurité sociale, ces circonstances étant sans incidence sur l'obligation de déclaration qui lui incombait.
7. Les circonstances que Mme A aurait déjà remboursé un premier indu d'un montant de 1 258 euros pour un trop-perçu d'allocation de logement sociale afférent à la période de septembre 2021 à février 2022, que cette situation serait difficile à vivre et que les dires des conseillers de la caisse d'allocations familiales l'auraient induite en erreur sur la portée de ses obligations déclaratives, sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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