Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2307803

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2307803
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mai 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de l'indemniser des préjudices subis à raison de son absence de relogement à hauteur de 80 euros par jour de retard.

2°) de pourvoir à l'exécution de l'ordonnance n°2215084 du 27 décembre 2022 par laquelle le magistrat désigné du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'assurer son relogement avant le 1er février 2023 sous astreinte de 100 euros par mois de retard.

Il soutient n'avoir reçu aucune proposition de logement de la part du préfet et subir un préjudice moral.

Vu :

- l'ordonnance n°2215084 du 27 décembre 2022 du magistrat désigné du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

Sur la demande indemnitaire présentée par M. A :

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ()". Enfin, aux termes de l'article R. 612-1 de ce même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser ".

3. Si M. A demande à être indemnisé par l'État des préjudices qu'il subit en raison de son absence de relogement alors que sa demande de logement social a été reconnue comme prioritaire et urgente par la commission de médiation des Hauts-de-Seine le 23 mars 2022, outre qu'il ne produit pas cette décision malgré la demande de pièces complémentaires qui lui a été adressée en ce sens le 18 mars 2024, M. A ne joint à sa requête ni décision expresse du préfet des Hauts-de-Seine rejetant une demande indemnitaire qu'il aurait formée, ni réclamation préalable adressée au préfet des Hauts-de-Seine par laquelle il aurait demandé réparation des préjudices qu'il estime avoir subis et qui serait restée sans réponse. Par un courrier du 18 mars 2024, le greffe du tribunal a invité M. A à régulariser sa requête en produisant, dans le délai de quinze jours, la décision attaquée ou, à défaut, la preuve du dépôt d'une demande préalable indemnitaire adressée à l'administration. Cette demande de régularisation a été présentée au domicile de l'intéressé le 23 mars 2024 et est revenue au tribunal avec la mention " avisé non réclamé " et M. A n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, régularisé sa requête. Les conclusions indemnitaires du requérant sont, par suite, irrecevables.

Sur la demande d'exécution de l'ordonnance n°2215084 du 27 décembre 2022 :

4. Par une ordonnance n°2215084 du 27 décembre 2022, le premier vice-président du tribunal administratif de céans a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'assurer le relogement de M. A avant le 1er février 2023 sous astreinte de 100 euros par mois de retard. Cette injonction et cette astreinte ont été prononcées sur le fondement des dispositions du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, et sont exclusives de tout autre dispositif d'exécution ou d'astreinte prévu par le code de justice administrative. Les conclusions présentées par le requérant tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'assurer l'exécution de l'ordonnance n°2215084 du 27 décembre 2022 sont donc irrecevables.

5. A supposer même que les conclusions du requérant puissent être regardées comme tendant à la seule liquidation de l'astreinte prononcée par l'article 1er de la même ordonnance, il n'appartient pas au juge de droit commun du contentieux administratif saisi d'un recours tendant à la mise en cause de la responsabilité de l'État de procéder à la liquidation de l'astreinte, demande qui relève d'un litige distinct. En tout état de cause, de telles conclusions seraient irrecevables en ce qui concerne la liquidation de l'astreinte au profit du demandeur de logement, dès lors qu'en application du 9ème alinéa de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, pour les astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, l'astreinte est versée deux fois par an par l'État au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A, qui ne fait état que de conclusions irrecevables, peut être rejetée par application du 4° de l'article R. 222-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 23 mai 2024.

La vice-présidente,

Signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.