Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2308470

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2308470
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationPole Social (JU)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 juin 2023, 15 mars 2024 et 1er mai 2024, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 13 juillet 2023, M. C B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 juin 2023 par laquelle le département du Val-d'Oise a confirmé, sur recours préalable obligatoire, le refus que la caisse d'allocations familiales (CAF) lui avait opposé le 1er février 2023 de lui attribuer le revenu de solidarité active (RSA) à compter du 16 janvier 2023, date de sa demande.

2°) de mettre à la charge du département du Val-d'Oise la somme de 1 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Il soutient que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation puisqu'il cumulait bien cinq années de présence régulière avec autorisation de travail depuis le 20 décembre 2022 justifiant qu'il soit fait droit à sa demande d'attribution A à compter de sa demande de janvier 2023, le département ayant omis de tenir compte des titres de séjour avec autorisation de travail qu'il a eus entre le 22 décembre 2017 et le 3 décembre 2018. En outre, la CAF du Val-d'Oise lui a versé la prime d'activité entre janvier et mars 2023 sans que sa situation au regard du séjour ne pose de difficulté.

Par un mémoire en défense, le département du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête, faisant valoir que la décision du 2 juin 2023 refusant de verser le RSA à M. B est justifiée.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par laquelle la rapporteure publique a été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a sollicité le RSA le 16 janvier 2023. Par une décision du 1er février 2023, la CAF du Val-d'Oise a rejeté sa demande. Après que M. B a contesté cette décision, le département du Val-d'Oise a confirmé son rejet par une décision du 2 juin 2023, qui est la décision attaquée.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne au bénéfice d'une allocation, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". Aux termes de l'article L. 262-4 du même code : " Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : 1° Etre âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d'un ou plusieurs enfants nés ou à naître ; 2° Etre français ou titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. Cette condition n'est pas applicable : a) Aux réfugiés, aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux apatrides et aux étrangers titulaires de la carte de résident ou d'un titre de séjour prévu par les traités et accords internationaux et conférant des droits équivalents ;() ".

4. Il résulte des termes de la décision du 2 juin 2023 que le département du Val-d'Oise a refusé de procéder au versement au bénéfice de M. B A à compter de janvier 2023 au motif qu'il ne remplissait pas la condition fixée par l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles exigeant, en sa qualité de ressortissant étranger, qu'il ait été titulaire pendant cinq années d'un titre de séjour l'autorisant à travailler. Il résulte de l'instruction que M. B a été muni d'une autorisation provisoire de séjour (APS) avec autorisation de travail à compter du 22 décembre 2017 jusqu'au 15 octobre 2018, avant d'être muni le 16 octobre 2018 d'un premier titre de séjour avec autorisation de travail, en l'espèce une carte de séjour temporaire. Si M. B soutient que le département aurait dû tenir compte de ces APS avec autorisation de travail, ces autorisations ne constituent pas des " titres de séjour " au sens des dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles. En outre, si M. B se prévaut du versement de prime d'activité de la part de la CAF entre janvier et mars 2023, cette circonstance est sans incidence sur l'appréciation de ses droits au RSA. Par suite, c'est à bon droit que le département du Val-d'Oise a refusé d'admettre M. B au RSA au motif qu'il n'avait pas été titulaire, d'un titre de séjour l'autorisant à travailler depuis au moins cinq années à la date de la décision attaquée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département du Val-d'Oise.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.

La magistrate désignée,

M. MonteagleLa greffière,

C. Mas

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.