Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2312026
jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2312026 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2023, M. B A, représenté par
Me Cisse, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 18 juillet 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a classé sans suite sa demande de regroupement familial ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de dépôt d'une demande de regroupement familial dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de la renonciation de son conseil à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que l'absence de délivrance d'une attestation de dépôt consécutive à sa demande de regroupement familial empêche sa fille de séjourner sur le territoire français ;
- l'absence de délivrance d'une attestation de dépôt consécutive à sa demande de regroupement familial méconnaît l'l'article 8 de al convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu :
- la requête enregistrée le 30 août 2023 sous le n°2311916, par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thobaty pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. M. A, ressortissant sénégalais né le 4 février 1982, est entré en France le 12 juillet 2017 selon ses déclarations. Il est titulaire d'une carte de séjour valable jusqu'au 13 novembre 2023. A la suite d'une demande de regroupement familial, l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Montrouge lui a demandé des pièces complémentaires par courrier en date du
6 février 2023 afin d'instruire un dossier complet. En réponse à un courriel de l'intéressé, l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Montrouge a indiqué le 18 juillet 2023 au requérant que son dossier était toujours incomplet. La décision par laquelle une l'administration demande à un administré de compléter son dossier ne constitue pas une décision faisant grief. Une requête en suspension de l'exécution d'une telle demande est manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 28 septembre 2023.
Le juge des référés,
Signé
G. Thobaty
La République mande au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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