Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2312362

mercredi 20 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2312362
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 août 2023, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la saisie à tiers détenteur notifiée le 31 juillet 2023 par le centre des finances publiques du Val-d'Oise portant sur un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 6 239, 87 euros et relatif à la période du 1er avril 2016 au 31 mars 2017 ;

2°) d'enjoindre à la banque de France de revenir sur le caractère " frauduleux " du trop-perçu et d'inclure la dette dans le plan de redressement ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiale (CAF) du Val d'Oise d'accepter qu'elle soit incluse dans le plan de redressement.

4°) de condamner la Banque de France à lui verser des dommages et intérêts à raison du préjudice moral subi à hauteur de 5320,53 euros ;

Il soutient :

- contester le caractère frauduleux de l'indu ;

- être en situation de précarité financière.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

2. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ". Enfin, selon l'article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire : " Le juge de l'exécution connaît, de manière exclusive, des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations qui s'élèvent à l'occasion de l'exécution forcée, même si elles portent sur le fond du droit à moins qu'elles n'échappent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire ".

3. En premier lieu, M. A demande l'annulation d'une saisie à tiers détenteur notifiée le 31 juillet 2023 par le centre des finances publiques du Val-d'Oise. Comme le prévoient les dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, une telle demande relève du contentieux du recouvrement. Le juge judiciaire est donc compétent pour connaître d'une telle demande, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance.

4. En second lieu, les conclusions présentées par M. A tendant à ce que la Banque de France " revienne sur le caractère de " frauduleux " du trop-perçu ", à ce que sa dette soit incluse dans le plan de redressement auquel il conviendrait d'associer la caisse d'allocations familiales et, enfin, tendant à l'indemnisation du préjudice moral subi dans ce contexte, au demeurant non assorties des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, peuvent être comprises comme mettant en cause le plan de surendettement dont il a fait l'objet et relèvent également de la compétence des juridictions judiciaires.

5. Invité à motiver sa demande par courrier adressé par la juridiction le 15 novembre 2023 via l'application Télérecours, invitation qui comprenait les informations prévues par les dispositions de l'article R. 772-6 du code de justice administrative et dont l'intéressé a accusé lecture le jour même à 21h33, M. A n'a produit aucun document, ni écriture complémentaire. Par suite, sa requête, qui ne fait état d'aucune contestation relative au bien-fondé de l'indu en litige ou de contestation relative à une remise gracieuse de cette dette, doit, eu égard aux moyens qu'elle développe, être rejetée par voie d'ordonnance en application des dispositions précitées du 2° et du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. M. A peut néanmoins, s'il s'y croit fondé, et s'il ne l'a pas déjà fait, présenter une demande de remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active auprès du département du Val-d'Oise en se prévalant notamment de la situation de précarité financière qu'il allègue.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au département du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 20 mars 2024.

La vice-présidente,

signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne au ministre à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet du Val-d'Oise en ce qui les concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.