vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2312401 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | EYRIGNOUX |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées les 20 et 25 septembre 2023, sous le n° 2312401, Mme B A, représentée par Me Boussoum, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 4 mai 2023, notifiée le
9 mai 2023, par laquelle l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter (EPNAK) a mis fin à la concession d'un logement de fonction et de la décision du 7 juillet 2023, notifiée
le 13 juillet 2023, par laquelle l'EPNAK a rejeté son recours administratif du 22 mai 2023 ;
2°) d'enjoindre à l'EPNAK de lui laisser à disposition le logement de fonction dans l'attente du jugement au fond à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'EPNAK la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle sera avec son compagnon sans domicile à compter du 30 septembre 2023, date d'état des lieux prévue en présence d'un commissaire de justice ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
* elles sont entachées d'un vice de procédure ;
* elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'EPNAK a considéré que le logement de fonction lui a été octroyé en raison d'astreintes au lieu de gardes de direction ;
* elles sont entachées d'une exception d'illégalité dès lors qu'elles reposent sur une décision illégale ;
* elles sont entachées d'une erreur de droit et d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2023, l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter conclut au non-lieu à statuer, à l'irrecevabilité de la requête et au rejet de celle-ci, et demande de mettre à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II. Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2023, sous le n° 2312407,
Mme B A, représentée par Me Boussoum, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision orale du 26 avril 2023 par laquelle l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter (EPNAK) lui retire des gardes de direction ;
2°) de mettre à la charge de l'EPNAK la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée a pour effet par ricochet de la priver d'un avantage en nature substantiel, à savoir un logement de fonction, à compter du 30 septembre 2023, date d'état des lieux prévue en présence d'un commissaire de justice ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que Mme A effectue des gardes de direction et a droit à un logement de fonction de ce fait ;
* elle est entachée d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2023, l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter conclut à l'irrecevabilité de la requête et au rejet de celle-ci, et demande de mettre à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les requêtes n° 2312719 et 2312721, enregistrées le 20 septembre 2023 par lesquelles Mme A demande l'annulation des décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2010-30 du 8 janvier 2010 ;
- le décret n° 2002-9 du 4 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 29 septembre 2023 à 9 heures, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;
- les observations de Me Riccardi, substituant Me Boussoum, représentant, Mme A, requérante, qui produit à l'audience les requêtes au fond qui sont immédiatement versées dans les pièces du dossier via l'application informatique Télérecours ;
- et les observations de Me Pawlotsky, substituant Me Eyrignoux, représentant l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est fonctionnaire titulaire du grade d'attaché principal d'administration hospitalière. En juin 2018, elle est affectée à l'Institut départemental Gustave Baguer qui lui concède un logement de fonction dès le 1er juillet 2018. Le 1er janvier 2023, l'institut départemental Gustave Baguer est transféré à l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter (EPNAK), au sein duquel Mme A est intégrée à cette même date et où elle conserve son grade, son poste, son lieu d'affectation, son ancienneté, sa rémunération et réalise des gardes de direction. Au cours d'une réunion qui s'est tenue le 26 avril 2023, Mme A a été informée que l'EPNAK avait décidé de ne plus lui confier de gardes. Cette décision verbale a fait l'objet d'une demande de communication des motifs par Mme A par courrier du 22 mai 2023 auquel l'EPNAK a répondu le 7 juillet 2023 par une confirmation de la décision. Par décision du 4 mai 2023, notifiée le 9 mai 2023, l'EPNAK a décidé d'abroger l'arrêté d'attribution d'un logement de fonction précédemment pris le 14 décembre 2022. Par les présentes requêtes,
Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de la décision du 26 avril 2023, portant retrait des gardes de direction et celles des 4 mai 2023, notifiée le 9 mai 2023, mettant fin à la concession d'un logement de fonction, et 7 juillet 2023, notifiée le 13 juillet 2023, portant rejet de son recours administratif en date du 22 mai 2023.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2312401 et 2312407 concernent la situation d'une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
4. En l'état de l'instruction, les moyens susmentionnés invoqués pour Mme A ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des décisions attaquées ainsi que celles aux fins d'injonction doivent être rejetées, ainsi que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une situation d'urgence.
5. Il n'y a pas lieu, par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par l'Etablissement public national Antoine Koenigswarter au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes n° 2312401 et n° 2312407 de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Etablissement Public national Antoine Koenigswarter au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à l'Etablissement Public national Antoine Koenigswarter.
Fait à Cergy, le 29 septembre 2023.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2 - 2312407
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026