Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2312675
vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2312675 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 11, 27 et 28 septembre et 1er novembre 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision en date du 1er septembre 2023 par laquelle le conseil départemental du Val-d'Oise a rejeté son recours administratif relatif au versement de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).
Elle soutient que :
- elle n'a jamais reçu l'allocation de 55, 57 euros par mois destinée à la dédommager de ses frais d'aide-ménagère et d'aide à la toilette ; elle ne se sert pas des chéquiers préfinancés qu'elle reçoit tous les mois car aucune femme de ménage ne les accepte ;
- elle n'a pas été remboursée de l'adaptation de sa baignoire en douche ;
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
2. Aux termes de l'article L. 232-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne âgée résidant en France qui se trouve dans l'incapacité d'assumer les conséquences du manque ou de la perte d'autonomie liés à son état physique ou mental a droit à une allocation personnalisée d'autonomie permettant une prise en charge adaptée à ses besoins. Cette allocation, définie dans des conditions identiques sur l'ensemble du territoire national, est destinée aux personnes qui, nonobstant les soins qu'elles sont susceptibles de recevoir, ont besoin d'une aide pour l'accomplissement des actes essentiels de la vie ou dont l'état nécessite une surveillance régulière. ". Aux termes de l'article L. 232-3 de ce code : " Lorsque l'allocation personnalisée d'autonomie est accordée à une personne résidant à domicile, elle est affectée à la couverture des dépenses de toute nature relevant d'un plan d'aide élaboré par une équipe médico-sociale, sur la base de l'évaluation multidimensionnelle mentionnée à l'article L. 232-6 ". Aux termes de l'article L. 232-7 du même code : " () A la demande du président du conseil départemental, le bénéficiaire de l'allocation personnalisée d'autonomie est tenu de produire tous les justificatifs de dépenses correspondant au montant de l'allocation personnalisée d'autonomie qu'il a perçu et de sa participation financière () ".
3. Aux termes de l'article L. 232-15 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'allocation personnalisée d'autonomie est versée à son bénéficiaire, sous réserve des cinquième et sixième alinéas. Le versement de la partie de l'allocation servant à payer des aides régulières est mensuel () La partie de l'allocation destinée à rémunérer un salarié, un accueillant familial ou un service d'aide à domicile autorisé dans les conditions prévues à l'article L. 313-1 du présent code peut être versée au bénéficiaire de l'allocation sous forme de chèque emploi-service universel, mentionné à l'article L. 1271-1 du code du travail, sous réserve de l'article 1272-2 du même code. Le département peut verser la partie de l'allocation destinée à rémunérer un service d'aide à domicile directement au service choisi par le bénéficiaire. Le bénéficiaire demeure libre de choisir un autre service () ". Aux termes de l'article L. 232-7 du même code : " Dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision d'attribution de la prestation, le bénéficiaire doit déclarer au président du conseil départemental le ou les salariés ou le service d'aide à domicile à la rémunération desquels est utilisée l'allocation personnalisée d'autonomie. Tout changement ultérieur de salarié ou de service doit être déclaré dans les mêmes conditions () ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse totale ou partielle en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision.
5. Par une décision en date du 25 mai 2021, le conseil départemental du Val-d'Oise a accepté de faire droit à la demande de révision de l'allocation personnalisée d'autonomie présentée par Mme A du 1er mai 2021 au 29 février 2024 et porté le montant mensuel de cette allocation à 55, 57 euros. Il a en revanche refusé de faire droit à la demande de financement des travaux d'adaptation de sa salle de bains. Par décision en date du 1er septembre 2023, il a rejeté le recours administratif préalable obligatoire présenté par Mme A contre cette décision.
6. En premier lieu, si Mme A soutient qu'elle aurait dû bénéficier de la prise en charge de l'adaptation de sa salle de bains à son état de santé par le changement de sa baignoire au profit d'une douche, elle se borne à soutenir, à l'appui de cette demande, que les travaux réalisés étaient moins onéreux que la pose d'une douche, sans contester le fait, opposé par le département, que ces travaux ne pouvaient, par leur nature, être pris en charge.
7. En second lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 232-15 du code de l'action sociale et des familles rappelées au point 3 que la partie de l'allocation destinée à rémunérer un service d'aide à domicile peut être versée au bénéficiaire de l'allocation sous forme de chèque emploi-service universel, le département peut aussi verser la partie de l'allocation destinée à rémunérer un service d'aide à domicile directement au service choisi par le bénéficiaire. Or Mme A ne peut utilement soutenir ne pas avoir bénéficié de l'APA en se bornant à affirmer de manière générale, et sans aucunement l'établir, qu'elle ne s'est " jamais servie des chéquiers préfinancés qu'elle reçoit tous les mois, car aucune femme de ménage ne les accepte ".
8. Il s'ensuit que la requête de Mme A, qui fait état de moyens assortis de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, peut être rejetée sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie sera adressée au conseil départemental du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 28 juin 2024.
La vice-présidente,
signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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