Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2312980
jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2312980 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 25 septembre et 9 novembre 2023, Mme B A forme opposition à la contrainte émise le 22 septembre 2022 par la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise en vue du recouvrement d'un indu de prime d'activité d'un montant de 894, 36 euros correspondant à la période du 1er septembre 2020 au 28 février 2021.
Elle soutient que :
- il s'agit d'une erreur déclarative de sa part, sans aucun but de nuire ;
- la loi Essoc permet aux administrés de rectifier leurs erreurs ;
- elle a écrit à la caisse d'allocations familiales afin de lui exposer sa situation et notamment le fait qu'elle n'avait emménagé avec son conjoint que le 9 avril 2021 soit après la période de l'indu litigieux et qu'ainsi, pour cette période, la vie maritale n'est pas avérée.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d'une société de confiance ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ".
3. Aux termes enfin de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée () et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure () reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles () L. 161-1-5 (), une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif. En outre, pour demander la décharge de l'obligation de payer résultant d'une contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales.
5. En premier lieu, si Mme A peut être regardée comme ayant entendu contester le bien fondé de l'indu de prime d'activité litigieux lorsqu'elle soutient que la vie maritale n'était pas établie pour la période en cause, elle ne justifie pas, en dépit de l'invitation à régulariser sa requête qui lui a été adressée par le tribunal, avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire contre la décision lui notifiant cet indu. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de bien-fondé de l'indu litigieux doit être écarté comme irrecevable.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 37 de la loi n°2018-727 : " I. - Dans les conditions prévues à l'article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances, dans un délai de douze mois à compter de la promulgation de la présente loi, toute mesure relevant du domaine de la loi et visant à : / 1° Permettre aux bénéficiaires des prestations sociales et des minima sociaux d'exercer, à l'occasion de la notification des indus qui leur est faite et préalablement à l'engagement d'un recouvrement ou d'un recours gracieux, un droit de rectification des informations les concernant lorsque ces informations ont une incidence sur le montant de ces indus ; () ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Les dispositions des troisième à douzième alinéas de l'article L. 133-4-1 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des indus mentionnés au présent article. ". Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 133-4-1 du code de la sécurité sociale : " Préalablement à l'exercice du recours mentionné à l'article L. 142-4, l'assuré peut, dans un délai déterminé à compter de la notification de l'indu, par des observations écrites ou orales, demander la rectification des informations le concernant, lorsque ces informations ont une incidence sur le montant de cet indu. L'assuré justifie de sa demande par tous moyens en sa possession. ".
7. Si Mme A se prévaut d'un droit à l'erreur, elle ne soutient pas, ni même n'allègue, s'en être prévalue auprès de la caisse d'allocations familiales, ni ne soutient que la caisse d'allocations familiales aurait refusé de faire droit à une demande de rectification qu'elle aurait présentée.
8. En dernier lieu, si Mme A se prévaut de sa bonne foi en invoquant une erreur déclarative, un tel moyen, qui n'a pas trait à la régularité de la contrainte émise ou à son bien-fondé, est inopérant dans le cadre de la présente opposition. Il est toutefois loisible à Mme A, si elle s'y croit fondée, de former auprès de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise, une demande de remise gracieuse de sa dette ou de saisir le médiateur de la caisse d'allocations familiales, si elle ne l'a pas déjà fait, ainsi qu'elle l'envisage elle-même dans ses écritures.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A, qui ne comporte que des moyens irrecevables ou inopérants, peut être rejetée par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 25 avril 2024.
La vice-présidente,
signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604840
01/10/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604704
01/10/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2509963
01/10/2026
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2604401
01/10/2026