Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2316836

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2316836
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 décembre 2023 et 21 février 2024, Mme B A demande l'annulation de la décision du 9 octobre 2023 par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire, la suspension de son revenu de solidarité active (RSA) pour le mois de juillet 2023.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que (), des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

2. Aux termes de l'article L. 262-27 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active a droit à un accompagnement social et professionnel adapté à ses besoins et organisé par un référent unique () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle ". Aux termes de l'article L. 262-34 de ce code : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active orienté vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail élabore conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi le projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du même code ".

3. L'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés () ". Aux termes de l'article R. 262-68 du même code : " La suspension du revenu de solidarité active mentionnée à l'article L. 262-37 peut être prononcée, en tout ou partie, dans les conditions suivantes : 1° Lorsque le bénéficiaire n'a jamais fait l'objet d'une décision de suspension, en tout ou partie, le président du conseil départemental peut décider de réduire l'allocation d'un montant qui ne peut dépasser 80 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence pour une durée qui peut aller de un à trois mois ; 2° Lorsque le bénéficiaire a déjà fait l'objet d'une telle décision, le président du conseil départemental peut réduire l'allocation pour un montant qu'il détermine pour une durée qui peut aller de un à quatre mois () ".

4. Il ressort de termes de la décision attaquée que Mme A a été informée le 7 juin 2023 de ce que l'équipe pluridisciplinaire départementale serait saisie, dans sa séance du 5 juillet 2023, de sa situation dès lors qu'elle n'avait pas respecté l'obligation qui lui avait été faite de s'inscrire à Pôle emploi avant le 30 avril 2023. Il ressort de ces mêmes termes que Mme A s'est inscrite à Pôle emploi le 19 juin 2023, ce dont elle a informé le département le jour même. Si le département a initialement prononcé le 24 juillet 2023 après avis de l'équipe pluridisciplinaire départementale, une suspension de l'allocation de Mme A pour une durée de quatre mois, il a, par la décision attaquée, ramené cette décision à un mois de suspension afin de tenir compte de son inscription tardive.

5. Pour contester le bien-fondé de cette suspension, Mme A, qui a été mise à même de régulariser et motiver sa requête, se borne à se prévaloir de sa réinscription à Pôle emploi le 19 juin 2023, indiquant que cette réinscription est intervenue avant la réunion de l'équipe pluridisciplinaire départemental chargé de se prononcer sur la mesure de suspension. Toutefois, elle n'allègue aucunement ni s'être réinscrite avant le 30 avril 2023, date butoir que lui avait fixée le département des Hauts-de-Seine, ni justifier d'un quelconque motif légitime pour expliquer ce retard à procéder à cette inscription, alors qu'au demeurant il résulte de l'instruction qu'elle avait déjà fait l'objet d'une mesure identique à deux reprises par le passé pour le même motif. Dès lors, elle ne conteste pas utilement le motif de la décision attaquée selon lequel le retard pris pour s'inscrire à Pôle emploi révèle un comportement de nature à faire obstacle à l'établissement du projet personnalisé d'accès à l'emploi, justifiant une suspension du RSA, en l'espèce pour le délai d'un mois.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 9 octobre 2023, au soutien desquelles Mme A n'a fait valoir que des moyens inopérants ou qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien, doivent être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A.

Copie sera adressée au département des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 9 avril 2024.

La magistrate désignée,

signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière