Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400988
lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2400988 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 22 janvier et le 7 février 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2023 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise a, sur recours administratif préalable obligatoire, confirmé son refus de lui accorder le bénéfice de l'aide médicale d'État.
Elle soutient que son niveau de ressources lui permet de bénéficier de l'aide médicale d'État.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la décision attaquée est fondée.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 30 mars 2023 fixant le montant du plafond de ressources de la protection complémentaire en matière de santé ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, demande l'annulation de la décision en date du 12 décembre 2023 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise a, après recours administratif préalable obligatoire, refusé de faire droit à sa demande tendant au bénéfice de l'aide médicale d'État.
2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles : " Tout étranger résidant en France de manière ininterrompue sans remplir la condition de régularité mentionnée à l'article L. 160-1 du code de la sécurité sociale depuis plus de trois mois, et dont les ressources ne dépassent pas le plafond mentionné au 1° de l'article L. 861-1 de ce code, a droit à l'aide médicale de l'État pour lui-même () ". Aux termes de l'article L. 861-1 du code de la sécurité sociale : " Les personnes mentionnées à l'article L. 160-1 ont droit à une protection complémentaire en matière de santé dans les conditions suivantes : 1° Sans acquitter de participation financière lorsque leurs ressources ainsi que celles des autres personnes membres du même foyer sont inférieures à un plafond déterminé par décret ; 2° Sous réserve d'acquitter une participation financière lorsque leurs ressources ainsi que celles des autres personnes membres du même foyer sont comprises entre le plafond mentionné au 1° et ce même plafond majoré de 35 %. Le plafond mentionné aux 1° et 2° varie selon la composition du foyer. Il est revalorisé au 1er avril de chaque année, par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25. Le montant du plafond en résultant est arrondi à l'euro le plus proche, la fraction d'euro égale à 0,50 étant comptée pour 1. Le montant ainsi revalorisé est constaté par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article R. 861-3 du même code : " Le plafond de ressources prévu à l'article L. 861-1 est majoré :1° De 50 % au titre de la deuxième personne membre du foyer tel que défini à l'article R. 861-2 ; 2° De 30 % au titre de la troisième et de la quatrième personne ; 3° De 40 % par personne supplémentaire à compter de la cinquième personne. ". Aux termes de l'article R. 861-2 du même code : " Le foyer mentionné à l'article L. 861-1 se compose de l'auteur de la demande de protection complémentaire en matière de santé, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint ou de son partenaire lié par un pacte civil de solidarité lorsqu'ils sont soumis à une imposition commune, de son concubin () ". Enfin, aux termes de l'article R. 861-8 du même code : " Les ressources prises en compte sont celles qui ont été perçues, et les avantages en nature dont les membres du foyer ont bénéficié au cours d'une période de douze mois courant du treizième au deuxième mois civil précédant le mois de la demande, sous réserve des dispositions des articles R. 861-9 et R. 861-15. Les revenus du patrimoine et les produits de placement pris en compte sont ceux du dernier avis d'imposition connu. () ".
3. L'article 1er de l'arrêté du 30 mars 2023 fixant le montant du plafond de ressources de la protection complémentaire en matière de santé dispose que : " Le plafond prévu au 1° de l'article L. 861-1 du code de la sécurité sociale est fixé à 9 719 € par an pour une personne seule. ". Au 1er avril 2023, le plafond précité pour un foyer composé de deux personnes était de deux personnes était de 14 578, 50 euros.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
5. Il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été prise au motif que les ressources annuelles de l'intéressée excédaient le plafond annuel de ressources de 14 578, 07 euros. Pour contester cette décision, Mme A conteste le montant de revenu pris en compte par la caisse primaire d'assurance maladie en soutenant qu'elle aurait perdu un de ses employeurs à compter du mois d'août 2023 générant une baisse de revenus. Toutefois, il résulte des textes précités au point 2 que la condition de ressources s'apprécie sur une période de 12 mois précédant la demande d'aide médicale d'État. Or Mme A, qui ne conteste pas l'exactitude du montant de ressources retenu par la caisse primaire d'assurance maladie pour la période de douze mois antérieure à la date de présentation de sa demande d'aide médicale d'État, le 20 juillet 2023, montant qui correspond, au demeurant, à celui qu'elle avait elle-même déclaré dans son formulaire de demande, ne peut utilement se prévaloir de son changement de situation à compter du mois d'août 2023. Dès lors, la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise a pu, sans erreur de droit ni erreur d'appréciation, rejeter, pour le motif précédemment rappelé, la demande de Mme A. Le présent jugement ne fait cependant pas obstacle à ce que Mme A présente une nouvelle demande d'aide médicale d'État auprès de la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise au vu de sa situation financière des douze derniers mois.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.
La magistrate désignée,
Signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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