Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401078
lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401078 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2024, M. A, représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 26 décembre 2023 par laquelle le préfet de l'Oise a suspendu son permis de conduire pour une durée de 6 mois.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision de suspension du permis de conduire préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle, son permis de conduire étant indispensable à l'exercice de sa profession qui lui impose des déplacements permanents ;
Les moyens suivants sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle méconnait les dispositions des articles L.122-1 et L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration, le préfet ne l'ayant pas informé qu'il pouvait présenter ses observations et se faire assister d'un avocat ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L.224-2 et suivants du code de la route ;
Vu :
- la requête n°2400345 enregistrée le 10 janvier 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a fait l'objet d'une mesure de rétention administrative de son permis de conduire le 25 décembre 2023, après avoir commis un dépassement de vitesse autorisée de plus de 40 km/h, sur le territoire de la commune de Sacy le Grand dans une zone où la vitesse maximale autorisée est de 80 km/h. Par un arrêté en date du 26 décembre 2023, le préfet de l'Oise a prononcé à son encontre la suspension administrative de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter de la date de rétention du titre, où à défaut de la date de notification de cette décision. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, de suspendre cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En particulier, lorsqu'est demandée la suspension de l'exécution d'une décision de suspension administrative du permis de conduire, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, tient compte, d'une part, de l'atteinte grave et immédiate portée notamment à l'exercice de la profession du conducteur et, d'autre part, de la gravité et du caractère répété des infractions au code de la route commises par l'intéressé sur une brève période, ainsi que des exigences de protection et de sécurité routière.
5. Pour justifier de l'urgence, M. A soutient que la possession de son permis de conduire est indispensable à l'exercice de son activité professionnelle de chef de projet au sein d'une société spécialisée dans les activités pharmaceutiques, lui imposant des déplacements permanents. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A établit, par les pièces produites, le caractère indispensable de son permis de conduire dans l'exercice de sa profession. En outre, il a commis un grave excès de vitesse consistant à circuler à la vitesse de 135 km/h dans une zone limitée à 80 km/h. Eu égard à l'intérêt public tenant à la préservation légitime de droit des autres usagers de la route de pouvoir circuler en sécurité, au caractère de gravité de l'infraction commise et à la non production de pièces démontrant le caractère indispensable de son permis de conduire, l'urgence requise à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas établie.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 5 février 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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