Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401925
vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401925 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2401641/1 du 6 février 2024, la présidente de la 1ère section du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de M. B C A, enregistrée le 22 janvier 2024, au tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
Par cette requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction des cotisations à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2021 et 2022.
Il soutient qu'il est en droit de déduire de son revenu imposable les pensions alimentaires versées, par l'intermédiaire de sa sœur, au profit de son père, qui réside au Sénégal.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été assujetti à l'impôt sur le revenu au titre des années 2021 et 2022 sur la base des éléments portés sur ses déclarations. Par réclamation du 27 octobre 2023, il a sollicité la déduction de son revenu imposable d'une somme représentative, selon lui, d'une pension alimentaire versée au profit de son père, handicapé, lequel réside au Sénégal. A la suite du rejet de cette réclamation, l'intéressé réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les
présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
3. Aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé () sous déduction / () II. Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : 2° () pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil () ". Les articles 205 et 207 du code civil disposent respectivement que " Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin " et que " Les obligations résultant de ces dispositions sont réciproques ". Enfin, aux termes de l'article 208 du même code : " Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit ". Aux termes de l'article 371-2 de ce code : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l'enfant est majeur ".
4. Pour bénéficier de la déduction prévue par les dispositions précitées de l'article 156 du code général des impôts, le contribuable doit notamment apporter la preuve de la réalité des versements allégués et de l'état de besoin du bénéficiaire des sommes ainsi versées. En outre, au cas d'espèce, le requérant supporte également la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, dès lors que l'imposition contestée a été établie conformément à ses déclarations.
5. M. A fait valoir que la somme dont la déduction est demandée a été versée par mandat à un tiers, à savoir sa sœur, résidant au Sénégal, au bénéfice de son père. Toutefois, les relevés de transferts d'argent vers l'étranger produits par le requérant sont à eux seuls manifestement insuffisantes pour établir que les fonds ainsi transférés seraient effectivement remis à son père. En tout état de cause, M. A ne justifie pas, ainsi que l'a d'ailleurs relevé le service, que son père serait dans un état de besoin au sens des dispositions susmentionnées, le certificat médical qu'il produit à cet égard étant manifestement insusceptible de l'établir. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de M. A par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Fait à Cergy-Pontoise, le 26 avril 2024.
Le président de la 2ème chambre,
signé
C. HUON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604840
01/10/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604704
01/10/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2509963
01/10/2026
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2604401
01/10/2026