Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406755
lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2406755 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 13 juin 2024, M. A B, représenté par Me Glilah, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 18 avril 2024 prise par le ministre de l'intérieur et des outre-mer portant refus de la prise en compte du stage de récupération de points effectué les 8 et 9 mars 2024 ensemble la décision 48 SI du 15 septembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconstituer les points de son permis de conduire et de réexaminer son dossier dans le sens de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est établie compte tenu des conséquences graves et irrémédiables de la décision contestée sur sa situation personnelle et professionnelle, dès lors que son permis de conduire lui est indispensable pour exercer sa profession de responsable commercial, et il ne représente pas un danger grave et immédiat pour la sécurité routière, en outre il ne peut se permettre d'attendre la réponse du ministère quant à sa demande de copie de décision ;
Un moyen est de nature à créer un doute sérieux quant aux décisions attaquées :
- la décision 48 SI est inopposable en ce qu'elle n'a jamais fait l'objet d'une notification ;
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun moyen n'est de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Vu :
- la requête n°2406126 enregistrée le 26 avril 2024, par laquelle M. B demande l'annulation des décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue le 13 juin 2024 à 14h00 en présence de Mme El Moctar, greffier d'audience :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;
- et les observations de Me Glilah, représentant M.B, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 5 septembre 1988, est titulaire d'un permis de conduire n° 080569100742 délivré le 6 juillet 2011 par la préfecture de l'Ain. Il exerce la profession de responsable commercial au sien du groupe Pochet depuis 2015. Les 8 et 9 mars 2024, il a suivi un stage de récupération de points. Il a obtenu la communication de son relevé intégral d'information l'informant de la validité de son permis de conduite le 8 mars 2024. Il a pris connaissance d'une lettre " 48 SI " envoyée par l'administration mais qui ne lui a jamais été notifiée. Par courrier recommandé en date du 25 mars 2024, il a contesté la décision " 48 SI " par un recours hiérarchique adressé au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Par courrier en date du 18 avril 2024 le ministre de l'intérieur et des outre-mer a refusé de prendre en compte le stage de récupération de points effectué les 8 et 9 mars 2024. Par la présenté requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des décisions du 18 avril 2024 et du 15 septembre 202Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'administration justifie par les mentions claires, précises et concordantes de l'avis d'envoi d'un recommandé avec accusé de réception et les mentions de l'application de suivi de la poste indiquant qu'un avis de passage a été déposé le 16 septembre 2022 que la décision 48 SI invalidant le permis de conduire de M. B a été régulièrement notifiée. Dans ces conditions, le stage de récupération de points effectué les 8 et 9 mars 2024 ne peut affecter le solde de points du permis de conduire de l'intéressé qui était nul à la date de ce stage.
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M.B, précisés dans les visas de la présente ordonnance, ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M.B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, Me Glilah et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy le 17 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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