Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407516
mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407516 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2024, M. B A, représenté par Me Kacou, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer sans délai une autorisation de travail et de réexaminer son droit au séjour dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Sont de nature à créer un doute sérieux les moyens suivants :
- la décision implicite est entachée d'une incompétence de son auteur et est insuffisamment motivée
- elle méconnaît l'article 11 de l'accord franco-ivoirien du 1er juillet 1995 et l'article L426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles R. 431-12 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet auquel les écritures de la partie requérante ont été communiquées n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- la requête enregistrée le 19 mai 2024 sous le n° 2407448 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique qui s'est tenu le 20 juin 2024, en présence de Mme El Moctar, greffière :
- le rapport de M. Thobaty, juge des référés.
- les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Il ressort des pièces du dossier que, si le requérant soutient qu'il a demandé la délivrance d'une carte de résident de 10 ans, il ressort du récépissé de demande de titre de séjour délivré à l'intéressé que celui-ci a demandé le renouvellement d'un titre pluriannuel délivré en tant que salarié et non une carte de résident. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 11 de l'accord franco-ivoirien du 1er juillet 1995 et l'article L426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à la délivrance de al carte de résident de 10 ans sont inopérants, le préfet n'étant pas tenu de statuer sur un fondement de titre de séjour autre que celui sollicité.
3. Les moyens tirés de la violation des articles R. 431-12 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à la délivrance d'un récépissé de titre de séjour sont inopérants à l'encontre d'un refus de titre de séjour.
4. Les moyens relatifs à l'incompétence de l'auteur de l'acte et d'une absence de motivation sont inopérants à l'encontre d'une décision implicite de rejet.
5. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par le requérant, tels que visés dans la présente ordonnance, n'apparaissent pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy, le 25 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Thobaty
La République mande au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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