Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2407790
vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2407790 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, M. A B, représenté par Me Lerein, avocate, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, née du silence gardé sur cette demande, déposée le 26 mars 2022, par le préfet du Val-d'Oise ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa demande et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros hors taxe à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- il existe plusieurs moyens de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui :
* est entachée d'une absence de motivation, dès lors qu'il a vainement demandé au préfet du Val-d'Oise la communication de ses motifs par une lettre du 11 mars 2024, reçue le 25 mars 2024 ;
* est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande ;
* méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* a été prise sur une procédure irrégulière, dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;
* méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* méconnaît les stipulations de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale des droits de l'enfant ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a présenté aucune observation en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2408121, enregistrée le 31 mai 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Kelfani, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 12 juin 2024 à 9 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de
M. Grospierre, greffier :
- le rapport de M. Kelfani, juge des référés ;
- les observations de Me Lerein et de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, née du silence gardé sur cette demande, déposée le 26 mars 2022, par le préfet du Val-d'Oise.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Eu égard à l'importance du délai, supérieur à deux ans, écoulé entre la date à laquelle le requérant a déposé sa demande de titre de séjour auprès des services du préfet du Val-d'Oise et la date à laquelle sa demande de suspension a été enregistrée au greffe du Tribunal, la condition d'urgence, à laquelle l'article L. 521- du code de justice administrative, dont les dispositions sont rappelées au point 2, subordonne l'intervention du juge des référés ne saurait être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions et demandes, y compris celle tendant à son admission, à titre temporaire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Val-d'Oise
Fait, à Cergy-Pontoise, le 14 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
K. Kelfani
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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