Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2408285
mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2408285 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Arabov, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du 9 juin 2024, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à lui verser.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision de refus de renouvellement de titre de séjour emporte des incidences graves et immédiates sur sa situation personnelle et professionnelle, en ce qu'elle n'a pas le droit de travailler à temps plein en tant que salariée en l'absence de changement de statut ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle a été prise par une autorité incompétente ;
* elle est entachée d'erreurs de fait ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2408412, enregistrée le 10 juin 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante turkmène née le 21 août 1993 à Achgabat au Turkménistan, est entrée sur le territoire français en 2014 et a été mise en possession de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant ", dont le dernier était valable jusqu'au
12 février 2023. Le 20 mars 2023, une décision favorable de renouvellement valable jusqu'au
12 février 2024 lui a été remise. L'intéressée a sollicité, le 9 février 2024, le renouvellement de son titre de séjour avec un changement de statut pour un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du 9 juin 2024, par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code précise que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Mme B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision née le 9 juin 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour. Toutefois, elle ne fait état d'aucun élément de nature à établir l'existence d'une telle décision, dès lors qu'il n'est pas démontré que le préfet des Hauts-de-Seine aurait procédé à l'enregistrement de sa demande. Ainsi, il n'existe pas dans l'ordre juridique, de décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine aurait implicitement refusé de faire droit à la demande de la requérante. Il s'ensuit que la requête de Mme B est dirigée contre une décision inexistante.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement irrecevable et doit être rejetée dans son ensemble sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 26 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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