Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2520629
mercredi 4 novembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2520629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2025, M. N... F..., représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 16 octobre 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte en lui délivrant, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d’une erreur de droit dans l’application de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors qu’elle n’examine pas l’ensemble des critères prévus par ces dispositions ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application de cet article ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2025, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. F... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 avril 2026, l’instruction a été close avec effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme David-Brochen a été entendu au cours de l’audience publique.
Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. N... F..., ressortissant ivoirien né le 2 février 2007, est entré en France le 25 juillet 2024 selon ses déclarations. Le 24 juillet 2025, il a sollicité la délivrance d’un titre de séjour. Par un arrêté du 16 octobre 2025, le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, il demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
Sur la demande d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. (…) ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’admettre M. F... au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
3. Aux termes de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « A titre exceptionnel, l’étranger qui a été confié à l’aide sociale à l’enfance ou à un tiers digne de confiance entre l’âge de seize ans et l’âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l’année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d’origine et de l’avis de la structure d’accueil ou du tiers digne de confiance sur l’insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l’article L. 412-1 n’est pas opposable. ».
4. Lorsqu’il examine une demande d’admission au séjour présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d’abord que l’étranger est dans l’année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu’il a été confié à l’aide sociale à l’enfance depuis qu’il a atteint au plus l’âge de seize ans, qu’il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l’ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l’intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d’origine et de l’avis de la structure d’accueil sur l’insertion de cet étranger dans la société française.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. F..., qui a été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance à compter de septembre 2024, a suivi une formation de français langue étrangère à visée professionnelle au centre de formations d’apprentis (CFA) de Butry-sur-Oise avant de s’inscrire en certificat d’aptitude professionnelle (CAP) Boulangerie pour l’année 2025-2026. L’ensemble de ses enseignants soulignent son implication et sa participation et relèvent de manière concordante, pour son premier semestre en boulangerie, que son sérieux et ses efforts ont permis de réels progrès, alors qu’il obtient à l’issue de ce semestre la moyenne de 13,08 avec les compliments de l’équipe pédagogique. S’il est constant qu’il a été absent 7 jours et en retard deux fois au cours du second semestre de l’année 2024-2025, ces seules circonstances ne sauraient suffire à établir, contrairement à ce qu’a retenu le préfet, l’absence de caractère sérieux de ses études, alors qu’il n’a eu aucune absence injustifiée ni retard au cours du premier semestre de l’année 2025-2026 et que les conseils de classe ont toujours relevé son sérieux et sa motivation. M. F... a également débuté un apprentissage auprès d’une boulangerie et donne entière satisfaction à son employeur, qui relève son sérieux, sa ponctualité, sa motivation et son attitude professionnelle irréprochable. L’implication du requérant dans sa formation et les perspectives d’intégration professionnelle en résultant sont de nature à démontrer le sérieux de sa formation ainsi que sa bonne insertion dans la société française, alors que sa structure d’accueil relève qu’il fait preuve d’une grande autonomie dans ses démarches et d’une bonne compréhension des codes sociaux et du quotidien en France. Dans ces conditions, et alors même qu’il ressort de l’avis de la structure d’accueil qu’il maintient des liens avec sa famille restée dans son pays d’origine, M. F... est fondé à soutenir que la décision portant refus de séjour attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que M. F... est fondé à demander l’annulation de la décision portant refus de séjour ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
7. L’exécution du présent jugement implique seulement mais nécessairement, eu égard à ses motifs, que le préfet du Val-d’Oise ou le préfet territorialement compétent délivre à M. F... un titre de séjour. Il y a lieu de lui enjoindre d’y procéder dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir. Il n’y a pas lieu, en revanche, d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. F... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire par le présent jugement. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser au conseil du requérant en application du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle. Dans l’hypothèse où l’aide juridictionnelle définitive ne lui serait pas accordée, cette somme sera versée directement à M. F....
D E C I D E:
Article 1er : M. F... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L’arrêté du 16 octobre 2025 du préfet du Val-d’Oise est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Val-d’Oise ou au préfet territorialement compétent de délivrer à M. F... un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L’Etat versera une somme de 1 500 euros au conseil du requérant, Me de Seze, en application du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle. Dans l’hypothèse où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. F..., cette somme lui sera versée directement.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié M. N... F..., à Me de Seze et au préfet du Val-d’Oise.
Délibéré après l’audience du 2 octobre 2026, à laquelle siégeaient :
- Mme Mathieu, présidente ;
- Mme David-Brochen, première conseillère ;
- M. Dréan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2026.
La rapporteure,
signé
L. David-Brochen
La présidente,
signé
J. Mathieu
La greffière,
signé
A. Pradeau
La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2025, M. N... F..., représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 16 octobre 2025 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte en lui délivrant, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d’une erreur de droit dans l’application de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors qu’elle n’examine pas l’ensemble des critères prévus par ces dispositions ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application de cet article ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2025, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. F... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 avril 2026, l’instruction a été close avec effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme David-Brochen a été entendu au cours de l’audience publique.
Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. N... F..., ressortissant ivoirien né le 2 février 2007, est entré en France le 25 juillet 2024 selon ses déclarations. Le 24 juillet 2025, il a sollicité la délivrance d’un titre de séjour. Par un arrêté du 16 octobre 2025, le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, il demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
Sur la demande d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. (…) ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’admettre M. F... au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
3. Aux termes de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « A titre exceptionnel, l’étranger qui a été confié à l’aide sociale à l’enfance ou à un tiers digne de confiance entre l’âge de seize ans et l’âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l’année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d’origine et de l’avis de la structure d’accueil ou du tiers digne de confiance sur l’insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l’article L. 412-1 n’est pas opposable. ».
4. Lorsqu’il examine une demande d’admission au séjour présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d’abord que l’étranger est dans l’année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu’il a été confié à l’aide sociale à l’enfance depuis qu’il a atteint au plus l’âge de seize ans, qu’il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l’ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l’intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d’origine et de l’avis de la structure d’accueil sur l’insertion de cet étranger dans la société française.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. F..., qui a été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance à compter de septembre 2024, a suivi une formation de français langue étrangère à visée professionnelle au centre de formations d’apprentis (CFA) de Butry-sur-Oise avant de s’inscrire en certificat d’aptitude professionnelle (CAP) Boulangerie pour l’année 2025-2026. L’ensemble de ses enseignants soulignent son implication et sa participation et relèvent de manière concordante, pour son premier semestre en boulangerie, que son sérieux et ses efforts ont permis de réels progrès, alors qu’il obtient à l’issue de ce semestre la moyenne de 13,08 avec les compliments de l’équipe pédagogique. S’il est constant qu’il a été absent 7 jours et en retard deux fois au cours du second semestre de l’année 2024-2025, ces seules circonstances ne sauraient suffire à établir, contrairement à ce qu’a retenu le préfet, l’absence de caractère sérieux de ses études, alors qu’il n’a eu aucune absence injustifiée ni retard au cours du premier semestre de l’année 2025-2026 et que les conseils de classe ont toujours relevé son sérieux et sa motivation. M. F... a également débuté un apprentissage auprès d’une boulangerie et donne entière satisfaction à son employeur, qui relève son sérieux, sa ponctualité, sa motivation et son attitude professionnelle irréprochable. L’implication du requérant dans sa formation et les perspectives d’intégration professionnelle en résultant sont de nature à démontrer le sérieux de sa formation ainsi que sa bonne insertion dans la société française, alors que sa structure d’accueil relève qu’il fait preuve d’une grande autonomie dans ses démarches et d’une bonne compréhension des codes sociaux et du quotidien en France. Dans ces conditions, et alors même qu’il ressort de l’avis de la structure d’accueil qu’il maintient des liens avec sa famille restée dans son pays d’origine, M. F... est fondé à soutenir que la décision portant refus de séjour attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application de l’article L. 435-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que M. F... est fondé à demander l’annulation de la décision portant refus de séjour ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.
Sur les conclusions à fin d’injonction sous astreinte :
7. L’exécution du présent jugement implique seulement mais nécessairement, eu égard à ses motifs, que le préfet du Val-d’Oise ou le préfet territorialement compétent délivre à M. F... un titre de séjour. Il y a lieu de lui enjoindre d’y procéder dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir. Il n’y a pas lieu, en revanche, d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. F... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire par le présent jugement. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser au conseil du requérant en application du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle. Dans l’hypothèse où l’aide juridictionnelle définitive ne lui serait pas accordée, cette somme sera versée directement à M. F....
D E C I D E:
Article 1er : M. F... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L’arrêté du 16 octobre 2025 du préfet du Val-d’Oise est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Val-d’Oise ou au préfet territorialement compétent de délivrer à M. F... un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L’Etat versera une somme de 1 500 euros au conseil du requérant, Me de Seze, en application du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle. Dans l’hypothèse où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. F..., cette somme lui sera versée directement.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié M. N... F..., à Me de Seze et au préfet du Val-d’Oise.
Délibéré après l’audience du 2 octobre 2026, à laquelle siégeaient :
- Mme Mathieu, présidente ;
- Mme David-Brochen, première conseillère ;
- M. Dréan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2026.
La rapporteure,
signé
L. David-Brochen
La présidente,
signé
J. Mathieu
La greffière,
signé
A. Pradeau
La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.