Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2620513

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2620513
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à l'Etat de procéder à l'effacement de ses données dans le FPR et dans le SIS II dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) d’ordonner toute autre mesure que le juge des référés estimerait utile à la sauvegarde de ses libertés fondamentales.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que l’arrêté du 22 août 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise avait prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français et ayant donné lieu à son inscription dans le fichier des personnes recherchées et le système d'information Schengen (SIS II) au titre d'un signalement aux fins de non-admission et d'interdiction de séjour, et dans le traitement AGDREF a été annulé par un jugement n° 2504628 rendu le 27 juin 2025 par le présent tribunal qui a d’ailleurs enjoint au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation ; malgré cette annulation définitive, son inscription dans le FPR, dans le SIS II et dans le traitement AGDREF n'a, à ce jour, jamais été supprimée, alors qu’il a entrepris, sans discontinuer depuis la notification du jugement, l'ensemble des démarches qui étaient en son pouvoir ; ce refus caractérise un préjudice actuel, concret et objectivement documenté par une autorité étrangère indépendante ; il ne peut être contraint d'attendre, des années durant, la cessation d'une illégalité qui, elle, ne souffre aucune justification ni aucun délai ;

- il se trouve privé de la faculté de circuler librement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Belhadj, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. A la différence d’une demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s’il est justifié d’une situation d’urgence et de l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l’article L. 521-2 du même code implique, pour qu’il y soit fait droit, qu’il soit justifié d’une situation d’urgence particulière rendant nécessaire l’intervention d’une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.

3. Pour justifier de la condition d’urgence telle qu’elle est entendue pour l’application des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, M. A... soutient que son inscription dans le fichier des personnes recherchées ainsi que celui dans le système d'information Schengen lui cause un préjudice actuel. Toutefois, cette circonstance, au demeurant non établie par les pièces versées au dossier, et malgré les nombreuses démarches entreprises par M. A... afin de faire supprimer son signalement dans ces fichiers, ne sont pas de nature à justifier d’une situation d’extrême urgence rendant nécessaire l’intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. Par suite, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.









O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Cergy, le 1er octobre 2026.

Le juge des référés,

Signé

J. Belhadj

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.