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Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2623923

mercredi 4 novembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2623923
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2026, M. B... Q..., demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la commune de Levallois-Perret de conserver, sans destruction ni altération, l'intégralité des enregistrements de la caméra de vidéoprotection dont le champ couvre les allées entourant l'amphithéâtre du parc des berges de Seine, quai Charles Pasqua, au débouché de la rue du président Wilson, de samedi 31 octobre 2026 de 9 heures 30 à 14 heures, ainsi que tout extrait déjà réalisé des enregistrements des 5 juillet, 12 et 14 septembre 2026, et les mentions correspondantes du registre des enregistrements, et ce jusqu'à l'intervention d'une décision juridictionnelle définitive dans le litige l’opposant à la commune ;

2°) de dire que ces enregistrements seront tenus à la disposition du tribunal administratif et ne seront communiqués que sur sa demande ;

3°) d'enjoindre à la commune de justifier auprès du greffe du tribunal administratif, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de l'exécution de cette mesure, en indiquant « le délai de conservation fixé par l'autorisation préfectorale du système » ;

4°) d'assortir ces injonctions d'une astreinte de 200 euros par jour de retard ;

5°)
de mettre à la charge de la commune de Levallois-Perret la somme de 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la mesure demandée se rattache à un litige qui est de la compétence du tribunal administratif ;
- la condition d’urgence est remplie dès lors que les enregistrements du 31 octobre 2026 seront détruits au plus tard le 30 novembre prochain ;
- la mesure sollicitée est utile dés lors qu’elle permettra de compléter les éléments de preuve de la situation qu’il dénonce et au sujet de laquelle il est en litige avec la commune de Levallois-Perret ;
- la mesure sollicitée, qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse, ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Fléjou, première conseillère, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. Q..., demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la commune de Levallois-Perret de conserver des enregistrements de vidéoprotection des quais de Seine où se déroulent des cours de sport qui entravent, selon lui, le passage des autres usagers de cette voie publique.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Si M. Q... fait valoir qu’il est urgent et utile d’ordonner à la commune de Levallois-Perret de conserver les enregistrements de vidéoprotection du quai Charles Pasqua, il ne soutient ni même n’allègue avoir adressé la moindre demande en ce sens auprès de cette dernière avant de solliciter l’intervention du juge des référés. Dans ces conditions, il ne peut être regardée comme établissant l’existence d’une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède la requête de M. Q... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l’article L. 522-3 précité.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. Q... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... Q....


Fait à Cergy, le 4 novembre 2026.

La juge des référés,

Signé


V. Fléjou

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.