Jurisprudence administrative
97 018 décisions de la justice administrative (CE, CAA, TA).
97 018
Décisions totales
384 307
Ordonnances
393 740
Avec résumé IA
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406435
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de M. D..., médecin titulaire d’un diplôme tunisien, contestant le refus du Centre national de gestion (CNG) de l’autoriser à exercer en France la spécialité d’endocrinologie-diabétologie-nutrition. Le requérant invoquait l’incompétence de l’auteur de l’acte, un vice de procédure lié à la composition de la commission d’autorisation, et une erreur manifeste d’appréciation. Le tribunal a rejeté l’ensemble de ses moyens, jugeant que la décision était régulièrement signée, que la commission était valablement composée et que le CNG n’avait pas commis d’erreur d’appréciation. En conséquence, la requête a été rejetée, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. La décision s’appuie notamment sur les articles L. 4111-2 du code de la santé publique et la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019.
Avocat : CABINET POUPET & KACENELENBOGEN
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407515
Le Tribunal administratif de Paris rejette la requête de M. B..., détenu, qui demandait 20 000 euros en réparation du préjudice moral subi du fait d’un régime exorbitant de fouilles à nu lors de sa détention au centre pénitentiaire de Paris - La Santé. Le tribunal estime que le requérant n’établit pas l’existence d’un préjudice, faute d’avoir précisé les dates et circonstances des fouilles intégrales alléguées, et ce malgré l’invocation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et des articles L. 225-1 et R. 225-1 du code pénitentiaire. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions indemnitaires et accessoires.
Avocat : RUIZ
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509757
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de Mme A... contestant un indu d’allocation de logement sociale (ALS) de 8 089 euros, ainsi que la suppression de ses droits au revenu de solidarité active (RSA) et à la prime d’activité. Le tribunal a rejeté les conclusions relatives au RSA et à la prime d’activité comme irrecevables, car le recours administratif préalable obligatoire avait été introduit après l’expiration du délai de deux mois prévu par le code de l’action sociale et des familles et le code de la sécurité sociale. S’agissant de l’indu d’ALS, le tribunal a estimé que les moyens soulevés par Mme A..., notamment les vices de procédure et l’absence de motivation, n’étaient pas fondés. En conséquence, le tribunal a rejeté l’ensemble des demandes de Mme A..., confirmant la légalité des décisions de la CAF de Paris et de la maire de Paris.
Avocat : MOUTOUSSAMY
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509824
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de Mme B... contestant un indu de prime d'activité de 5 484,43 euros, notifié par la CAF de Paris, et ramené à 2 562,78 euros après recours. La requérante invoquait des vices de procédure (défaut de motivation, absence de signature électronique authentifiable, défaut d'assermentation de l'agent) et contestait le bien-fondé de la dette. Le tribunal a rejeté les moyens de procédure comme inopérants, la décision implicite de rejet s'étant substituée à la décision initiale. La solution retenue par le tribunal n'est pas explicitée dans l'extrait, mais il s'appuie sur les articles R. 222-13 du code de justice administrative et les dispositions du code de la sécurité sociale.
Avocat : DESFARGES
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2513625
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... contestant sa radiation du dispositif « Accompagner et Reloger les Publics Prioritaires » (ARPP) par la Ville de Paris. La requérante soutenait une erreur manifeste d’appréciation, mais le tribunal a jugé que la décision de radiation, fondée sur le refus d’une proposition de logement social, était conforme aux dispositions des articles L. 441-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation ainsi qu’à la convention d’attribution parisienne du 1er septembre 2021. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions de Mme B..., incluant ses demandes d’annulation, d’injonction et de frais de justice.
Avocat : LE BEL ESQUIVILLON
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519441
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les quatre requêtes de M. A... concernant des indus d’aide exceptionnelle de fin d’année (152,45 € pour 2021 et 228,67 € pour 2022) et de revenu de solidarité active (21 104,90 €), ainsi que le titre de perception correspondant. Statuant en formation de juge unique sur le fondement de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, le tribunal a considéré que les moyens soulevés, notamment ceux tirés du défaut de motivation, de l’irrégularité de la procédure et du bien-fondé des créances, n’étaient pas fondés. Les demandes de décharge des obligations de payer et les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.
Avocat : DESFARGES
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505582
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la demande de l’Office Public de l’Habitat (OPH) de la Seine-Maritime – Habitat 76, qui sollicitait la prolongation de la mission de l’expert désigné dans le cadre de travaux de déconstruction à Bolbec. La requête, fondée sur l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative, visait à maintenir l’expert en fonction jusqu’à la fin des travaux et à chiffrer le coût d’éventuels travaux de remise en état. Le tribunal a estimé qu’aucun dommage lié aux travaux n’était établi, rendant la demande infondée. Il a précisé qu’en cas de dommages futurs, l’OPH pourrait saisir à nouveau le juge des référés.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2304890
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par la commune de Mont-Saint-Aignan d’une demande de condamnation de la société Grand Ouest Construction et de son assureur, Axa France IARD, à l’indemniser des préjudices résultant de fautes dans l’exécution du lot n°1 d’un marché public de travaux pour un centre culturel. La commune invoquait une responsabilité contractuelle et un dol, sollicitant 2,4 millions d’euros pour préjudices financiers et d’image. En défense, Axa France IARD a soulevé l’incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions dirigées contre elle, en tant qu’assureur de droit privé. Le tribunal a fait droit à cette exception, rejetant les demandes formées contre la société d’assurances comme portées devant un ordre de juridiction incompétent, sur le fondement de la répartition des compétences entre juridictions judiciaire et administrative.
Avocat : INTER-BARREAUX EMO AVOCATS
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2402977
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. C..., un ancien attaché territorial, qui demandait le paiement d’une indemnité pour congés annuels non pris et heures supplémentaires, ainsi que des dommages et intérêts. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions relatives aux congés annuels, le département ayant déjà versé les sommes dues après l’introduction de la requête. Concernant les heures supplémentaires, la demande a été rejetée car M. C... n’a pas démontré en avoir effectué en dehors de son cycle de travail. Enfin, la demande indemnitaire pour préjudices a été rejetée, aucune faute du département n’étant établie, notamment car l’agent, en arrêt maladie, ne pouvait pas prendre ses congés.
Avocat : EBC AVOCATS
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2313095
Le Tribunal administratif de Nantes a condamné l’État à verser 2 000 euros à M. et Mme A... en réparation du préjudice moral subi en raison de l’illégalité du refus de délivrance d’un visa de long séjour pour M. A..., ressortissant algérien. Cette illégalité, constatée par un jugement antérieur du même tribunal, a prolongé la séparation du couple du 21 février 2021 au 13 janvier 2022, soit 326 jours. La responsabilité de l’État a été engagée sur le fondement de la faute résultant de ce refus illégal. La somme allouée est assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 février 2023, avec capitalisation annuelle.
Avocat : PRONOST
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2316393
Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par M. F... E... et sa famille d'une demande d'indemnisation pour les préjudices résultant du refus illégal de délivrance de visas de long séjour (réunification familiale) et du délai anormalement long d'examen de leurs demandes. Le tribunal a reconnu que l'illégalité des refus de visa constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. La solution retenue est une condamnation de l'État à réparer les préjudices subis, en application des principes de la responsabilité pour faute et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Avocat : POLLONO
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2301054
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la demande de M. A... tendant à la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2017-2018. Le litige portait sur la déductibilité de charges réintégrées par l'administration fiscale dans le cadre d'un contrôle de la société Active Construction, dont M. A... était gérant et associé. Le tribunal a jugé que la charge de la preuve incombait au requérant, qui n'avait pas répondu à la proposition de rectification, et qu'il n'apportait pas la preuve de la réalité et du caractère déductible des dépenses litigieuses. La solution retenue s'appuie sur les articles 39 du code général des impôts et R. 194-1 du livre des procédures fiscales.
Avocat : GUILLOT
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2304604
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la demande de la SCA Cave des producteurs de Vouvray, qui sollicitait la décharge de cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2021 et 2022. La société soutenait que ses locaux loués à la SAS Etang Vignon Services, qui exerce une activité de manipulation et transformation de vin, bénéficiaient de l'exonération prévue au b du 6° de l'article 1382 du code général des impôts pour les bâtiments affectés à un usage agricole par les coopératives agricoles, ou à titre subsidiaire au a du même article pour les bâtiments ruraux. Le tribunal a jugé que l'activité de la SAS Etang Vignon Services, utilisant d'importants moyens matériels pour la transformation et le conditionnement de vins effervescents, présentait un caractère industriel, excluant ainsi l'application des exonérations prévues par l'article 1382 du code général des impôts.
Avocat : SELARL WALTER & GARANCE AVOCATS
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2304606
Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la demande de la SAS Etang Vignon Services, qui sollicitait la décharge de rappels de cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2019 à 2022. La société, qui exerce une activité de production, d'élaboration et de conditionnement de vin à partir de raisins apportés par des coopératives agricoles, ne peut bénéficier de l'exonération prévue à l'article 1450 du code général des impôts, car elle n'est pas l'exploitante agricole des vignes. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi l'imposition.
Avocat : SELARL WALTER & GARANCE AVOCATS
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2304947
Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. et Mme E... qui demandaient la décharge de leur taxe foncière 2023. Les requérants invoquaient une exonération liée à la pension d'invalidité de Mme E..., mais le tribunal a constaté qu'au 1er janvier 2023, celle-ci ne percevait aucune des allocations prévues par l'article 1390 du code général des impôts (allocation de solidarité aux personnes âgées, allocation supplémentaire d'invalidité ou allocation aux adultes handicapés). Le tribunal a également écarté l'application de l'exonération temporaire prévue au II du même article, faute pour les requérants d'avoir démontré qu'ils remplissaient les conditions les années précédentes. La solution retenue est donc le rejet de la demande.
Tribunal Administratif d'Orléans — N° TA45-2305086
Le Tribunal Administratif d'Orléans rejette la demande de M. B... C..., tuteur de son père, qui sollicitait la décharge de la taxe foncière et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour 2023. Le juge unique a estimé que, bien que M. A... C... fût âgé de plus de 75 ans et résidât en EHPAD, le montant de ses revenus de 2022 excédait le plafond de 11 885 euros fixé par l'article 1417 du code général des impôts, ce qui exclut l'exonération prévue à l'article 1391 B bis. La solution retenue est fondée sur les articles 1391 B bis et 1417 du code général des impôts.
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2303452
Le Tribunal administratif de Lille a été saisi par un détenu, M. B..., d'une demande de provision de 90,01 euros sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, pour des arriérés de salaires liés à son travail à la maison d'arrêt de Valenciennes. Le juge des référés constate que le tribunal a déjà statué au fond sur cette créance par un jugement du 4 juillet 2025. En conséquence, la requête en référé-provision est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer. Les conclusions accessoires présentées au titre des frais de justice sont également rejetées.
Avocat : DORMIEU
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2404546
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par Mme A..., professeur des écoles, d’une demande de provision de 47 810 euros, estimant que l’administration avait commis une faute en ne reprenant pas correctement son ancienneté de maître auxiliaire lors de sa titularisation, en méconnaissance de l’article 7 bis du décret n° 51-1423 du 5 décembre 1951. La rectrice de l’académie de Lille opposait l’irrecevabilité de la requête, la décision de nomination étant devenue définitive. Le juge des référés a écarté cette fin de non-recevoir, jugeant que la décision individuelle de reprise d’ancienneté n’avait pas un objet purement pécuniaire et ne pouvait donc pas rendre irrecevable la demande indemnitaire. Sur le fond, il a considéré que l’illégalité fautive alléguée n’était pas établie avec un degré suffisant de certitude pour faire droit à la demande de provision, et a donc rejeté la requête.
Avocat : SELAS ACTION-CONSEILS
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2501698
Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a partiellement fait droit à la demande de M. B..., détenu au centre pénitentiaire de Lille-Annœullin. Il a condamné l'État à lui verser une provision de 132,79 euros, correspondant au montant non contesté par le ministre de la justice, au titre d'erreurs dans le calcul de sa rémunération pour la période de janvier 2022 à août 2024. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code pénitentiaire et du code de procédure pénale relatives à la rémunération du travail des personnes détenues, ainsi que sur le code de la sécurité sociale pour les cotisations.
Avocat : DORMIEU
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2600350
Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi en référé par M. B..., père d'enfants français, pour contester la clôture automatique de sa demande de renouvellement de titre de séjour par le préfet du Nord. Le requérant invoque l'urgence, caractérisée par sa situation de précarité et l'absence de ressources, et soutient que la décision est entachée d'un défaut de motivation, d'incompétence et d'un vice de procédure pour défaut de saisine de la commission du titre de séjour. Le juge des référés a fait droit à la demande en suspendant l'exécution de la décision attaquée et en enjoignant au préfet de réexaminer la situation de M. B... et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler. Cette décision se fonde sur les articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Avocat : FOURDAN